J'aime pas la Fête de la Musique, nan, comme le Nouvel An. Ces deux dates à la con, j'les rayerais volontier du calendrier. Non mais franchement, ça fait chier plus qu'autre chose. Allez pas croire que j'aime pas la musique. Non, j'aime la musique. Ce que je n'aime pas, c'est les larsens à répétition, c'est les raps balbutiants et abscons scandés par trois pelés du Val Fourré: "2-7... EN FORCE... ouais, ouais, Val Fourré représente! LES VALMEUX- LES MUREAUX par tout l'même putain d'ghetto, Giverny, c'est bon pour les kiffeurs d'Monet, mais nous on a pas d'money, ouais, ouais...", concert de trois heures et demi si tant est qu'on puisse appeler ça concert, machiavélisé par un ingé son paranoïaque, tout ça, sur le parvis de la Mairie. J'vous ai dit que j'habitais à moins de cinq mètres de la Mairie?
Autant vous dire que mes doubles vitrages n'ont pas suffit à m'éviter l'abattement le plus total. Bah oui, c'est qui la conne qui se retrouve coincée avec son chiard pendant que le père est parti jouer les monte-en-l'air avec une bande de japonais à trou-du-cul-dans-l'oise? Celle-là même qui aurait cent mille milliard de fois préféré se rincer les badigoinces à grand renfort de bière tiède avec ses ptits camarades de blog.
J'vous entend déjà dire "Pourquoi tu l'as pas largué chez sa grand-mère?". Je vous remercie de me poser cette excellente question et d'ailleurs je m'en félicite. Pour la simple et bonne raison, chers lecteurs, que la dernière fois que j'ai laissé le fruit de mes entrailles à ma belle-mère, je l'ai retrouvée toutes lumières éteintes dans son salon, cachée sous la table et serrant mon fils dans ses bras avec un regard de louve traquée. Vous comprendrez aisément que l'expérience ne m'ait pas laissé un goût de revenez-y. Fin de la parenthèse sur les belles-mères passablement cinglées.
J'étais donc chez moi, sous une chaleur de plomb, vitres fermées, à hésiter entre me mettre une murge au Pastis et balancer sur ces petits connards chantant tous les vieux cédés de dance de ma moitié. Je n'ai finalement rien fait de tout ça. Premièrement parce que le Pastis n'est pas précisément ma tasse de thé et deuxièmement parce que j'lai déjà fait une fois, le freesbee-dance-machine n'est pas aussi marrant qu'on le croit. Alors qu'est-ce que je fais? JE RUMINE.
Je rumine en relisant le brouillon de ma copie de littérature: "Pute de pute de correcteur, ça mérite certainement pas un putain de 13. Je vais te la faire bouffer par cul, ta putain d'craie!!!" Je chope mon téléphone et appelle la Fac de Rouen: " Oui bonsoir, Vieux Félin à l'appareil, vous serez bien aimable de me faire parvenir mes copies à l'adresse suivante: 6, place Doucet Quongueule, 27200 Trou-du-Cul-Les-Hortensias. J'accuse personne d'être atrophié du bulbe, du moins pas encore, mais j'ai comme dans l'idée qu'un enculé a pris mon 18/20 pour un 13/20. Merci. Salut"
Je rumine en me vengeant sur la Xbox: "J'vais te le faire bouffer par le cul, ton lieutenant de l'enfer, pute de chaman! et putain de viking".
Je rumine en me vengeant sur mon chat à grands coups de "Boudou-Cascade". Comme je l'ai déjà expliqué, ce chat, tu peux lui faire n'importe quoi, elle continue de te regarder comme le messie. J'dois dire qu'elle a prit cher.
Mon fils queule toujours tout ce qu'il sait et j'entrevois un instant la possiblité de mettre une goutte de Pastis dans son biberon, parce que le Pastis, c'est presque du fenouil et que ya pas à dire, cinq fruits et légumes par jour c'est la recette d'une vie longue et saine. Je décide que non, pas tout de suite. Il est encore un peu jeune.
Au bout de quelques temps, de ces minutes qui te paraissent des heures et de ces heures qui te paraissent des ères, une espèce de quarantenaire complexée se fait forte de reprendre I Will Survive et là, je m'énerve pour de bon. Allez savoir pourquoi j'ai gardé tous ces sacs remplis de centimes de francs... Sans doute pour cet instant où je m'apprête à jeter l'argent par les fenêtres. Je me poste sur mon balcon avec mes munitions, je suis aux premières loges.
"Aaaaat first I was affraid, I was petrifiiiiied"
"Tiens pov' conne vlà ton putain de cachet, t'as pas trouvé mieux pour me casser les oreilles? Ha, ha! Tiens! Tiens ! Tiens! Nan mais vraiment quelle conne, tiens! " C'est finalement moi et de loin, la plus ridicule. D'une la chanteuse en question est trop occupée à éviter les fausses notes pour se rendre compte que je la canarde et de deux, les gens alentours se précipitent comme la misère sur le tiers-état sur les pauvres dîmes obsolètes, mes munitions de fortune. L'inverse de l'effet escompté, je commence doucement à cesser de lutter contre mon inévitable Goliath, ma soirée de merde. J'ai du pleurer un peu et laisser un message incendiaire sur le répondeur de ma moitié et au moment où j'allais finalement m'apaiser un tant soit peu, mon téléphone sonne.
" - Allô, Mimi?
- Oui Mimi
- Regardez par la fenêtre (J'vous ai déjà dit je crois que ma soeur et moi nous vouvoyions)
- Ca y est
- Vous me voyez?"
Et là, je la vois effectivement me faire de grands signes, son roméo à son bras et plus rayonnante que jamais. Heureuse, en gros, malgré la musique de merde et les beaufs en goguette.
J'aime pas la Fête de la Musique
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Y aurait-il parmis vous, une bonne âme suffisament généreuse pour prendre un flingue et me tirer dessus? C'est pas
vraiment de la déprime, c'est pas vraiment un ras-le-bol, c'est pas vraiment un total découragement: C'est TOUT ça. Si je pleure plus, je me liquéfie. Si j'étais un chef Indien mon nom serait un
truc du genre Face Humide.
Moi qui accusais hier ma paire
d'escarpins SM d'être responsables de ma chutte vaudevillesque de samedi rue Pierre et Sonia Delaunay, je me vois dans l'obligation de rectifier. Je me débrouille très bien toute seule pour être
plus souvent sur le cul que bien plantée sur mes guiboles. C'est pas parce que j'ai rangé les talons pour remettre la paire de Doc Marteen's que je porte 360 jours par an que j'étais à l'abri de
me recasser la gueule. C'est simple, tu me croises dans la rue, t'as l'impression de regarder Bambi apprendre à marcher... On dirait que je n'en ai pas fini avec la honte. Ce matin, tirée du lit
par le pas lourd de mon cher et tendre partant bosser, affamée d'avoir jeûné la veille (Bah ouais quand déjà tu te tapes un jap' gargantuesque façon 18 california maki et 24 yakitori boeuf au
fromage t'as tendance à être comme qui dirait rassasiée, ensuite quand tu vois débouler à l'anniv du grand-père les macarons casher, la charcuterie casher, les gâteaux casher, le tarama casher,
les pains-surprise casher, les pistaches casher, les malossols casher et les canapés casher, dans l'ordre d'arrivée je précise et que t'as pas grand chose d'autre à foutre que de bouffer et que
de toute façon si tu bouffes pas tout le monde va te demander ce qu'il se passe avant de le prendre mal, tu te dis que tu vas finir par t'auto-éventrer et la seule chose que t'as envie de faire
c'est d'hurler DA YENOU!!! ( ça nous aurait suffit: pour les néophytes) mais quand finalement... alors que tu te crois sauvée, ton ancien patron fait péter le couscous boulette, là tu te dis que
tu ne mangeras plus jamais de ta vie) J'entrevoyais donc les jolis gargouillis de la faim et décidais de m'offrir le croissant qui va bien. Jusqu'ici nickel: descente de l'escalier ok, passage
dans le couloir ok, ouverture de porte ok, premiers pas dans la rue ok. C'est au bout de quatre ou cinq mètres que mes jambes ont miraculeusement décidé de faire grève et que je me suis retrouvée
affalée sur l'asphalte, crois-tu qu'un connard allait m'aider? Non, surtout pas, malheureux! Je me relève vexée, toujours vexée quand je me casse la gueule et bizarrement c'est seulement quand je
me relève que les gens alentours soit se marrent soit me regardent avec de la pitié dans les yeux. Je fais mine de rien et pars avec ce qu'il me reste de dignité. Arrivée à la boulange ça
continue, dans la queue les gens me matent ou se marrent et moi de ne rien comprendre à ce qui se passe. La vendeuse est rouge tomate quand arrive mon tour et fais un très très léger mouvement de
tête en direction de mes seins. "Oui, je sais dis-je, ce sont des vrais" naïve la fille... Sur le chemin du retour un vieux me sourit affectueusement et toujours aussi naïve je crois que c'est la
maternité qui l'émeut. Et puis je rentre chez moi avec mon croissant dans le bec, je m'installe devant mon écran et c'est là... c'est là que je baisse les yeux et que je vois, je jure que je ne
me suis rendue compte de rien avant... Mes seins... les deux... sortis de mon décolleté.
Dieu que j'en ai ras-le-cul de ce putain de beau temps... C'est bien simple, tous ces connards qui font tomber la doudoune en chaussant leur Ray-Ban, affalés comme une tripotée de trous du cul à la terasse des cafés ... j'le dis tout net: ça me donne envie de gerber. Aaaaah ils le veulent leur cancer de la peau, comment qu'y f'ront ces gagneurs quand ils seront tout couverts de carcinomes "Dire que j'voulais seulement bronzer", heiiiin? Qui qui va encore creuser le trou de la sécu tout ça par vanité, putain de vanité... Putain d'gens, tiens...
Zendizkoualégens?