18/12/2006
Couverts: 43
Pourboires: 5.00€ (sauvés de justesse)
Cadeaux achetés: 10/14
Cadeaux empaquetés de mes blanches mains: 14/10 (vous comprendrez...)
Bilan: J'ai été une petite abeille très industrieuse
Nous sommes lundi et je suis crevée. Mais ce n'est pas tout, nous sommes lundi, je suis crevée mais j'ai une bonne raison de l'être. Oui parce qu'il ne faut pas se voiler la face, c'est pas parce que je suis automatiquement crevée le lundi que je branle grand chose de mon weekend. Seulement ce weekend dernier si. J'ai d'abord deux trois trucs à expliquer. Depuis quelques semaines je vous parle de ce restau dans lequel je travaille (d'aucun répliquerait ça dépend des jours et je lui dirais shut the fuck off, dude!) Avant d'y travailler je bossais ailleurs, dans un restaurant de couscous (meilleur couscous de Paris et de la région parisienne selon Hafid, le kabyle à la silhouette de Papa Pierre-à-Feu qui tient lieu de patron et de cuisiner). J'ai gardé de très bons rapports avec Hafid, c'est d'ailleurs pour sauver ces très bons que nous avons décidés d'arrêter de travailler ensemble, le jour où nous nous sommes retrouvés à nous poursuivre avec des couteaux à viandes. Il tenait les couteaux et je courrais. Bref, depuis la grande époque, je dine chez lui sans payer environ cinq soirs par semaine et en échange, je lui rends de menus services tels que refaire sa mise en place, l'accompagner chez Métro le samedi à 16h00 (les initiés comprendront mon mérite), écosser avec lui 15kg de haricots de Paimpol, ou encore faire ses paquets cadeaux. Lorsque samedi il m'appelle pour savoir ce que je fais, chez lui le tu fais quoi ça veut dire tu vas pas te tourner les pouces plus longtemps, je sens bien que je vais devoir me taper ses cadeaux à emballer. Je lui dis: "Pourquoi, tu veux quoi?" et enfin il avoue qu'il n'appelle absolument pas pour savoir comment je vais mais bien pour que je lui emballe ses trucs, comble du comble mon cher Hafid exige que je fournisse papier et rubans. Je m'éxécute parce que bon quand même, je ne vais pas mordre la main qui me nourrit gratis et puis bon, ça me donne une espèce de pouvoir sur lui... Laissez tomber.
Alors que j'emballe une bouteille de scotch à l'air particulièrement gouleyant, Hafid m'annonce, à brûle-pourpoint, que je travaille le lendemain.
"Oui parce que Rico fête son anniversaire avec ses potes, ils seront une vingtaine, plus les enfants." Combien d'enfants?" dis-je méfiante. "Une dizaine, peut-être un peu plus." rétorque-t'il.
Voilà pourquoi c'est sur les rotules que j'ai effectué mon service aujourd'hui. Imaginez quinze nains plus turbulents les uns que les autres et une vingtaine de trentenaires bourrés qui n'ont aucune envie de s'en occuper. Hafid avait pour l'occasion acheté une énorme boîte de chocolats sur laquelle les mioches se sont jetés à peine arrivés, des ballons, et des feutres. En gros, de quoi saccager n'importe quel lieu, en deux minutes et demi. A dix-huit heures, le restaurant n'étais plus qu'un champs d bataille, jonché de mégots de joints, de ballons éclatés, de papiers de Quality Street, de bouts de merguez mâchonnés et de Hotwheels démantibulés. Heureusement pour moi, Hafid avait fait croire aux parents que j'étais payée au pourboire, je suis donc repartie, certes couverte de chocolat et autres substances gluantes et affublée d'un mal de crâne capable de faire renconcer à toute forme de vie mais plus important, je suis repartie avec un bon gros pécule en poche. Mazal tov!
Quand je suis arrivée ce matin, l'oeil torve et la démarche mal assurée, j'ai trouvé Eddy plié en quatre, le poing enfoncé dans le cul d'une pintade qu'il faisait danser sur le plan de travail. Je ne pourrais vous reproduire avec précision le rire d'Eddy mais ça donne une espèce "Mouaaaahaaarf mouaahaarf!!!". Aucun stagiaire en vue, je bénis le ciel qu'ils n'aient pas été en âge d'être embauchés, je savoure le silence quasi-parfait, si l'on excepte l'erzatz de comique en cuisine.
Calme de courte durée puisqu'une fois de plus, à midi, ni Didier ni Charlotte n'ayant pointé le bout de leur nez, c'est devant une porte fermée qu'ont commencés à se masser les clients. Et moi de hurler: "Nous ouvrons dans quelques minutes!!!" à travers le verre épais de la porte. En quelques minutes, le trottoir ressemblait au premier jour des soldes devant un bon gros H&M. Charlotte arrive à 12h15 (bah oui quoi, normal). Encore quelques clients pour se jeter dans mes bras de soulagement en me voyant revenue.
J'essaie d'ignorer la garce aux multi-tiques faciaux pour qui le seul plaisir de la pause-déjeuner est de me torturer. "Non pas cette table, alors je voudrais, une pintade sans sauce, et puis je ne veux pas de vos tagliatelles elles sont dégueulasses, je voudrais du gratin dauphinois, oh non, des frites, je veux des frites" "vous savez bien que nous ne faisons pas de frites, vous venez tous les jours" " Bon, alors qu'est-ce que vous avez?" " Des tagliatelles, du gratin dauphinois..." " Mettez-moi des légumes" " Nous avons... (ma main sur ta sale gueule) " "Je vous ai dit que je veux des légumes, vous êtes bouchée ou quoi?"
A chaque passage elle me hèle pour quelque chose "C'est froid." " Du pain" " Une carafe d'eau" "De la moutarde" "Vous appelez ça un crème???"
Ma main sur ta sale gueule connasse!!!!
Charlotte, me soutient: "C'est de l'ortie cette femme" et pour une fois, elle me plait ma patronne. Elle fait même malencontreusement tomber le pain avant de me tendre la panière que m'a réclamé la garce aux multi-tiques faciaux avec un sourire de compassion. "Les gens, c'est comme une boîte de Quality Street, parfois on tombe sur des pas trop mauvais, mais la plupart du temps, ils sont franchement dégueulasses"
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Mais si, vous savez exactement qui c'est... 


Zendizkoualégens?