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Je ne suis pas un numérooo !!!

Vous êtes le ème pelé à glander ici, félicitations...

Mardi 19 décembre 2006

18/12/2006

Couverts: 43

Pourboires: 5.00€ (sauvés de justesse)

Cadeaux achetés: 10/14

Cadeaux empaquetés de mes blanches mains: 14/10 (vous comprendrez...)

Bilan: J'ai été une petite abeille très industrieuse

Nous sommes lundi et je suis crevée. Mais ce n'est pas tout, nous sommes lundi, je suis crevée mais j'ai une bonne raison de l'être. Oui parce qu'il ne faut pas se voiler la face, c'est pas parce que je suis automatiquement crevée le lundi que je branle grand chose de mon weekend. Seulement ce weekend dernier si. J'ai d'abord deux trois trucs à expliquer. Depuis quelques semaines je vous parle de ce restau dans lequel je travaille (d'aucun répliquerait ça dépend des jours et je lui dirais shut the fuck off, dude!) Avant d'y travailler je bossais ailleurs, dans un restaurant de couscous (meilleur couscous de Paris et de la région parisienne selon Hafid, le kabyle à la silhouette de Papa Pierre-à-Feu qui tient lieu de patron et de cuisiner). J'ai gardé de très bons rapports avec Hafid, c'est d'ailleurs pour sauver ces très bons que nous avons décidés d'arrêter de travailler ensemble, le jour où nous nous sommes retrouvés à nous poursuivre avec des couteaux à viandes. Il tenait les couteaux et je courrais. Bref, depuis la grande époque, je dine chez lui sans payer environ cinq soirs par semaine et en échange, je lui rends de menus services tels que refaire sa mise en place, l'accompagner chez Métro le samedi à 16h00 (les initiés comprendront mon mérite), écosser avec lui 15kg de haricots de Paimpol, ou encore faire ses paquets cadeaux. Lorsque samedi il m'appelle pour savoir ce que je fais, chez lui le tu fais quoi ça veut dire tu vas pas te tourner les pouces plus longtemps, je sens bien que je vais devoir me taper ses cadeaux à emballer. Je lui dis: "Pourquoi, tu veux quoi?" et enfin il avoue qu'il n'appelle absolument pas pour savoir comment je vais mais bien pour que je lui emballe ses trucs, comble du comble mon cher Hafid exige que je fournisse papier et rubans. Je m'éxécute parce que bon quand même, je ne vais pas mordre la main qui me nourrit gratis et puis bon, ça me donne une espèce de pouvoir sur lui... Laissez tomber.

Alors que j'emballe une bouteille de scotch à l'air particulièrement gouleyant, Hafid m'annonce, à brûle-pourpoint, que je travaille le lendemain.

"Oui parce que Rico fête son anniversaire avec ses potes, ils seront une vingtaine, plus les enfants." Combien d'enfants?" dis-je méfiante. "Une dizaine, peut-être un peu plus." rétorque-t'il.

Voilà pourquoi c'est sur les rotules que j'ai effectué mon service aujourd'hui. Imaginez quinze nains plus turbulents les uns que les autres et une vingtaine de trentenaires bourrés qui n'ont aucune envie de s'en occuper. Hafid avait pour l'occasion acheté une énorme boîte de chocolats sur laquelle les mioches se sont jetés à peine arrivés, des ballons, et des feutres. En gros, de quoi saccager n'importe quel lieu, en deux minutes et demi. A dix-huit heures, le restaurant n'étais plus qu'un champs d bataille, jonché de mégots de joints, de ballons éclatés, de papiers de Quality Street, de bouts de merguez mâchonnés et de Hotwheels démantibulés. Heureusement pour moi, Hafid avait fait croire aux parents que j'étais payée au pourboire, je suis donc repartie, certes couverte de chocolat et autres substances gluantes et affublée d'un mal de crâne capable de faire renconcer à toute forme de vie mais plus important, je suis repartie avec un bon gros pécule en poche. Mazal tov!

Quand je suis arrivée ce matin, l'oeil torve et la démarche mal assurée, j'ai trouvé Eddy plié en quatre, le poing enfoncé dans le cul d'une pintade qu'il faisait danser sur le plan de travail. Je ne pourrais vous reproduire avec précision le rire d'Eddy mais ça donne une espèce "Mouaaaahaaarf mouaahaarf!!!". Aucun stagiaire en vue, je bénis le ciel qu'ils n'aient pas été en âge d'être embauchés, je savoure le silence quasi-parfait, si l'on excepte l'erzatz de comique en cuisine.

Calme de courte durée puisqu'une fois de plus, à midi, ni Didier ni Charlotte n'ayant pointé le bout de leur nez, c'est devant une porte fermée qu'ont commencés à se masser les clients. Et moi de hurler: "Nous ouvrons dans quelques minutes!!!" à travers le verre épais de la porte. En quelques minutes, le trottoir ressemblait au premier jour des soldes devant un bon gros H&M. Charlotte arrive à 12h15 (bah oui quoi, normal). Encore quelques clients pour se jeter dans mes bras de soulagement en me voyant revenue.

J'essaie d'ignorer la garce aux multi-tiques faciaux pour qui le seul plaisir de la pause-déjeuner est de me torturer. "Non pas cette table, alors je voudrais, une pintade sans sauce, et puis je ne veux pas de vos tagliatelles elles sont dégueulasses, je voudrais du gratin dauphinois, oh non, des frites, je veux des frites" "vous savez bien que nous ne faisons pas de frites, vous venez tous les jours" " Bon, alors qu'est-ce que vous avez?" " Des tagliatelles, du gratin dauphinois..." " Mettez-moi des légumes" " Nous avons... (ma main sur ta sale gueule) " "Je vous ai dit que je veux des légumes, vous êtes bouchée ou quoi?"

A chaque passage elle me hèle pour quelque chose "C'est froid." " Du pain" " Une carafe d'eau" "De la moutarde" "Vous appelez ça un crème???"

Ma main sur ta sale gueule connasse!!!!

Charlotte, me soutient: "C'est de l'ortie cette femme" et pour une fois, elle me plait ma patronne. Elle fait même malencontreusement tomber le pain avant de me tendre la panière que m'a réclamé la garce aux multi-tiques faciaux avec un sourire de compassion. "Les gens, c'est comme une boîte de Quality Street, parfois on tombe sur des pas trop mauvais, mais la plupart du temps, ils sont franchement dégueulasses"

par Vieux Félin publié dans : La meilleure facon de marcher
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Mercredi 13 décembre 2006

Couverts: 58

Pourboires: Hum, 0.85? (Merci Noël)

Terrible-tirade-culpabilisante: 1, mais foutrement longue

Accident du travail: 1

Nombre d'altercations avec l'apprenti: Incalculable...

Nombre de fantasmes où je m'imagine avec une tronçonneuse en main: Voir ligne précédente

Espoirs quant à une vie exempte de "suggestion du moment": Frôle le zéro

Il faut savoir décider de passer une bonne journée, sinon ça peut rapidement tourner à la catastrophe. Ce jour particulièrement devait me voir levée armée de courage. Je dois dire que c'est non sans un certain panache que j'ai essuyé la terrible-tirade-culpabilisante de mes patrons. Leur technique est bien rôdée, elle consiste d'abord à me coincer derrière le bar (sous les spots qui chauffent) et de me regarder longuement pour installer "le silence coupable et lourd de sens". Là, mon rôle est de parler la première: "Je suis vraiment désolée, j'ai traversé comme qui dirait une mauvaise passe... C'est inexcusable, je sais bien... Mais c'est pas de ma faute je suis associable, quand ça ne va pas, c'est simple, je ne suis plus là...Je disparais..hum (déglution laborieuse, pas une once de salive dans la bouche). Deuxième étape, Didier prend la parole: "Tout d'abord, bonjour, Ludivine (là, il me serre la main, je tiens à préciser qu'il ne me serre la main QUE pendant les TTC, technique visant à me faire entendre que c'est moi la vilaine et eux les gentils), vous comprenez, on s'est vraiment fait du soucis, on a cru qu'il vous était arrivé quelque chose de terrible. Parce qu'on s'est dit, avec Charlotte, jamais Ludivine n'aurait abandonné son poste comme ça, deux jours d'affilé, sans même prendre la peine de nous prévenir. C'est une bonne employée, JAMAIS elle ne NOUS ferait ça. Les clients étaient morts d'inquiétude!!! On a été obligés defaire travailler Eddy en salle!!!! Et puis vous imaginez que nous nous sommes rendu compte de votre absence à 11h50 lundi!!! Rien n'était fait!!! Et les clients qui arrivaient!!!! " Charlotte hoche la tête en rythme comme pour appuyer le fait que j'avais vraiment été une vilaine fille. C'est maintenant à elle de prendre la parole: " Vous voyez, nous sommes comme une grande famille dans laquelle les membres doivent pouvoir compter les uns sur les autres (?), vous auriez du venir nous parler plutôt que de nous faire ça. Je suis profondément déçue, Ludivine, que vous n'ayez pas eu confiance en nous." Je décroche un peu alors que Charlotte continue son diabolique laïus sur l'amour qui guérit tout ou un truc comme ça. Il m'est nécéssaire d'aller me réfugier dans un coin de ma cervelle, afin biensûr d'éviter que cette dernière n'explose. Lorsque j'ai récupéré suffisament pour pouvoir recommencer à écouter ce qu'elle dit, voilà où ma chère patronne en était de ses élucubrations: "Parce qu'en fait nous sommes tous d'horizons différents, mon mari et moi sommes catholiques, voyez Eddy, le pauvre, est musulman (??) et vous êtes à moitié-juive. Et Dieu là-haut, qu'est-ce qu'il en penserait? Vous voulez que vous donne mon point de vue? Je pense que Dieu est unique mais que nous sommes différents, comme en cuisine (???). Nous (les cathos) on serait les carottes, Eddy serait le navet et vous seriez la pomme de terre... Vous me suivez?" Que répondre à ça, rien à part que j'ai un léger vertige " Et qu'est-ce qu'il pense Dieu? Il pense que même si nous sommes différents, nous pouvons quand même faire une très bonne soupe, tous réunis dans son infinie bonté" (Vous comprenez pourquoi j'ai pas eu le courage de rentrer hier?)

Et là vous vous dites cette fille nous ment, c'est pas possible des niaiseries pareilles. Je suis au regret de vous assurer que je n'ai même pas à inventer quoi que ce soit.

Didier reprend: " Enfin voilà, nous ne savons plus quoi faire...

"- Oh mais je comprendrais que vous me licenciez ( à cet instant, j'aimerais)

"- Non, ça serait trop facile, notre rôle, je crois, est de vous aider à rentrer dans le droit chemin de l'amour et de la confiance mutuelle (Je m'attends d'un instant à l'autre à les voir se transformer en témoins de Jéhova ou en hippies) Alors nous allons vous garder, petite brebis (il me fait un clin d'oeil bizarre que Charlotte n'a pas pu voir). Bon c'est pas tout ça mais l'heure tourne, mettez-vous au travail."

Ya rien à dire, ils sont très très forts. Pas besoin de me menacer de renvoi pour me faire passer l'envie de recommencer. Eddy se marre à travers le hublot avec un air de bien fait pour ta gueule et je choisi de l'ignorer, pour le moment... Vers midi et demi, la salle est pleine et effectivement les clients ont du s'inquiéter parce que beaucoup me demandent où j'étais passée. Certains même m'ont demandé: "Il y avait ce jeune handicapé qui vous a remplacé (Eddy) on avait peur de ne jamais vous revoir." Ce à quoi je répondais: "Eddy n'est pas handicapé au sens propre du terme, il est un peu simple, disons qu'il est original". "C'est le moins qu'on puisse dire, il ne nous a même pas annoncé le menu et quand nous lui avons demandé l'addition il nous a dit minute papillon avant de fondre en larmes" "Je sais..." disais-je, compatissante. En cuisine, Eddy fait une démonstration de Air Guitar à Macumba avec dans le rôle de la guitare, un thon surgelé. "Tu vois c'est moi, Jean Lennon à Oudestoque!!! Tin Tin!! Tin Tin! " De là où je suis j'aurais plutôt dit ACDC. "Quand t'aura fini de faire le con avec ce poisson peut-être pourras-tu envoyer les salades que je t'ai commandé ya de ça quoi... trois quart d'heure" C'est le chef qui a parlé, nouveau encore, je ne sais même pas comment il s'appelle et à la rigueur je m'en fous un peu. "C'est toi le poisson! Bâââââtard!" répond Eddy. "Ecoute-moi bien p'tit con,si tu retires pas de suite ce que t'as dit, j'te tatane, pigé?" Pour une fois, ça me repose d'être plus ou mois en dehors de l'embrouille. "Enculé! " répond Eddy. Je n'ai pas le temps de crier "Eddy, lâche tout de suite ce thon surgelé!!!" que déjà le poisson s'écrase salement sur la tronche du cuisinier. Ce dernier tombe net, évanoui, et Eddy de se marrer comme si il avait fait un truc vachement cool. Je dis: "Espèce de cinglé, t'es vraiment..." Je n'ai pas le temps de finir ma phrase que Didier déboule: "Qu'est-ce que c'est qu'ce bordel? Où qu'c'est qu'il est le chef?" "Par terre, patron"

Je sors de la cuisine, tout simplement parce que je n'ai aucune envie d'assister à deux TTC en une journée et surtout parce que je sais qu'Eddy sera encore là demain. J'attends de pieds fermes le jour où je quitterai définitivement cet enfer.

Ils sont vraiment très fort, mes patrons, des virtuoses de la torture en robe de bure. Sont-ce eux qui ont rendu Eddy comme ça? A force de TTC? Je commence à avoir peur, ici...

par Vieux Félin publié dans : La meilleure facon de marcher
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Mardi 12 décembre 2006

Quelle affreuse journée que ce lundi... beuark..!

Déjà avant de me réveiller... J'ai un souvenir précis du rêve que je faisais avant d'ouvrir les yeux. Je me trouvais au restaurant, les filles des patrons mataient une fois de plus Cendrillon, mais comment dire... ce n'était pas vraiment les filles des patrons telles qu'elles sont dans la vie. Disons qu'à la place c'était Paris Hilton et Nicole Ritchie, tenant chacune dans une main une espèce de barbie kamikaze, et je ne vois vraiment pas le rapport, mais bon, c'est comme ça, ces deux coucourges étaient là. Didier venait vers moi, me tendait une citrouille et disait "Maintenant, dites la formule magique" Je ne voyais absolument pas ce qu'il voulait dire par là. "Allez, dites la formule magique sinon on pourra jamais vendre tous les veloutés à la crème d'anchois blancs et petits lardons sur lit de fondue de poireaux aux canneberges et à la pâte feuilletée maison" Et dans le rêve, voyez, ça avait vraiment l'air crucial et tout à fait normal. Des souris dansaient sur le bar en chantant "Cendrillon s'ra la plus jolie, dans la robe faite cachette par ses amis!!!" "Allez, dites la formule magique". "Euh... Bibidibabidibou..???"

Sur cette formule, Didier et la citrouille explosaient en envoyaient pleins de lambeaux oranges et sanguinolents sur les plats disposés comme par enchantement sur les tables et je disais: "Oh non! Pas les veloutés à la crème d'anchois blancs et petits lardons sur lit de fondue de poireaux aux canneberges et à la pâte feuilletée maison!!!! En plus la citrouille, ça n'ira jamais avec..."

Je me réveille en hurlant, c'est précisément mon cri qui m'a réveillé, un filet de bave séchée partant du coin de ma bouche jusqu'à mon oreille gauche tirait ma peau de façon désagréable. Je me dis chouette je me suis réveillée avant l'heure je vais avoir le temps de me laver les cheveux. J'attrape mon portable, quelle heure peut-il bien être???.........15h30!!!! J'ai exactement quatre heures et trentes minutes de retard, un record, je ne ferai jamais mieux et vous mets au défi de faire davantage sans préméditations. Je saute dans mes fringues sans même prendre le temps de passer par la case salle de bain et fonce aussi vite que le vent au restaurant. Sur le chemin, je passe en revue les différentes excuses possibles: -....... -....... ou alors -........ Impossible de réfléchir de façon correcte, une chose est sûre, je ne me vois pas leur dire "Ecoutez, je me suis endormie sur les Bienveillantes... C'est un gros dossier, sans doutes devais-je, pour une meilleure analyse et compréhension d'un thème aussi dense que le national-socialisme et sa répercussion sur le moral d'un homosexuel ex-bourreau à moitié repentant et obséquieusement soucieux du détail de tous les corps et grades de la ss, oui Charlotte et Didier , sans doute devais-je récupérer en sommeil la concentration que demande la lecture d'une telle oeuvre." Non à mon avis, ça n'irait pas. J'arrive devant le restaurant et décide de récapituler: "Bon, je n'ai pas l'ombre d'une excuse pour ne pas m'être présentée ce matin et ce, sans même avoir téléphoner. Ensuite, pas plus tard que la semaine dernière j'ai malencontreusement touché le pipi d'un de leur fils et la semaine d'avant j'avais écourté les jours du terminal carte bleue en renversant un kir bien sucré dessus, laissant tout comme ça en pensant que Didier nettoierait..."

J'avoue, oui, j'avoue, je n'ai pas eu le courage de m'entendre dire que j'étais virée, ou pire... Avoir droit à leur savante tirade cupabilisante "Comment avez-vous pu nous faire ça???" Je suis rentrée chez moi sous une pluie froide et vicieuse. Demain est un autre jour, probablement le chômage en vue, dire que c'est bientôt Noël... Fais chier!

par Vieux Félin publié dans : La meilleure facon de marcher
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Jeudi 7 décembre 2006

Mais si, vous savez exactement qui c'est...

La pimbêche la plus célèbre de M6 (mais non pas Virginie Elfira...), Nelly Oleson.

Voyons ce que ça donne après la fin de la série et trois cures de désintox:

Mes yeux!!!!! Mes magnifiques yeux!!!!!!!!!!

par Vieux Félin publié dans : Les Terrifiants
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Mercredi 6 décembre 2006

06/12/2006

Couverts: 48

Pourboires: 2.10€ (cette catégorie ne tient pas compte des devises étrangères, chewing-gum et autres boutons de veste)

Nombre d'ex passés devant le restaurant sans me dire bonjour: 1

Attouchements sexuels: 1

Plainte pour attouchement sexuel: 0 (mais de justesse)

Nombre d'accident mortel évité: 1

Dire que ça aurait pu être un 6 décembre ordinaire... Dire que j'aurais pu rester vautrée dans mon canapé à regarder Giant Ku Ku plier des casseroles et dégonder des portes dans Le Miel et les Abeilles. J'avais bien senti qu'il aurait mieux valu que je me fasse porter pâle. Mais non, j'y suis allée. Toute pleine de bonne volonté et fière de ne pas m'être laissée aller à l'une de mes fréquentes crises de paresse genre "Hey mais je viens d'éternuer là! Oulà j'suis malade c'est forcément la grippe, allez, à lundi prochain!", je remonte la rue de Bagnolet. A cause du Marché, beaucoup de gens se pressent dans cette rue aux trottoirs dix fois trop petits, dont une vieille dame à l'air bonhomme qui s'arrête pile devant moi avec un grand sourire (qui muettement me demande de bien vouloir descendre du trottoir pour la laisser passer). Cette phrase est très longue. Je m'éxécute alors qu'un camion déboule à toute berzingue. J'ai juste le temps de crier "Nooooooooon!!!!!" et de sauter sur le trottoir (le réflexe de la mort qui Dieu soit loué ne tue pas aujourd'hui), les cheveux plaqués sur le côté à cause de la vitesse du camion. La vieille clopine en marmonnant "Faut faire attention où qu'c'est qu'on marche!" et face à moi un homme me regarde avec la bouche grande ouverte. Oui, j'ai bien failli crever un 6 décembre, pas de doute là-dessus.

C'est pour le moins fébrile que j'entre dans le restau où apparement on a rejoué Il faut sauver le soldat Ryan la veille au soir, tout n'est que cendres et morceaux de courgettes éparpillés, il y a même du ciment sur la tommette... En cuisine je trouve Charlotte, suant sang et eaux, qui me prévient "J'vous préviens on a pas de Chef aujourd'hui, je compte sur vous pour la salle"... Je la regarde avec un air qui se veut profondément dépité et lui annonce que j'ai failli crever sur le chemin, fauchée dans la fleur de l'âge par un mauvais camion: "Oh m'angoissez pas comment j'aurais fait sans serveuse!". NO COMMENT... Finalement un Chef débarque et je jure que si tant est qu'il puisse exister un sosie à un cartoon, il est celui de Chef dans South Park. Ok sans la toque, mais sinon c'est copie conforme. Il s'appelle Morille et je dis "Enchantée moi c'est Muscat sec" mais il trouve pas ça drôle et... à la réflexion... moi non plus. Je me vois dans l'obligation de passer un mode tornade blanche si je veux garder un petit espoir d'avoir fini la mise-en-place avant 15h00. Charlotte tente de me rassurer avec un "Ivanhoé arrive bientôt il va vous aider", je répond " Mais il n'a que huit ans!!!". "Bah quoi, ya pas d'petits profits" clame-t-elle.

Ivanhoé, le troisième de leur huit marmots, n'en a absolument rien à foutre de m'aider, ce qu'il veut c'est piquer des saucissons apéritif. Il fait vaguement semblant de couper du pain et de remplir des carafes d'eau et je ne le comprends que trop bien. Pour la peine je lui sers une coupelle pleine de petits saucissons, pauvre gosse. C'est là qu'est arrivé le truc vraiment HORRIBLE. Me demandez pas comment j'ai fait... Je voulais seulement allumer la lumière de la salle dont l'interrupteur se trouve sous le bar sans me pencher. J'ai lancé la main, mais c'est ce que j'appelerai pudiquement le petit paquet d'Ivanhoé que j'ai attrapé. Je deviens écarlate, Ivanhoé me regarde comme si j'avais tué Lassie et fonce en cuisine en hurlant "Mamaaaaaaan, Ludivine elle m'a touché le pipi!!!!!!!!!" Je me rue aussi en cuisine, me confond en excuses en expliquant ce qui s'est passé. Charlotte semble ne pas me croire et renvoie Ivanhoé à la maison. Je dis :" Mais Charlotte, croyez-moi, c'est un accident!!!" "Oui c'est ça, ne vous approchez plus de mon fils." A cet instant, je regrette presque d'avoir eu du réflexe.

Un peu plus tard le téléphone sonne "Ouais Ludivine? Didier à l'appareil, nan me passez pas Charlotte. Dites-donc, le petit vient de rentrer, vous voulez pas essayer le père?" + rire gras

Quelle vie de merde...

Le restau est bondé et comme d'habitude je suis seule en salle. Un ex passe devant le restau la tête basse alors que sans prétention n'importe qui me connaissant aurait levé les yeux et je me rappelle que cet enfoiré me doit 50€, une jupe et une carte de vidéo club.

Pendant ce temps, au pays de Premiers Baisers, Justine pleure parce que Jérôme a embrassé Isabelle alors que c'était juste un pari stupide...

par Vieux Félin publié dans : La meilleure facon de marcher
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Lundi 4 décembre 2006

Ce qui fait que certains laissent et d'autres...pas... On s'en fout ça n'a ni queue ni tête.

Aujourd'hui, nous sommes lundi et je ne suis pas comme qui dirait friande des lundi. C'est ce lundi, alors que la veille je me suis couchée très tard (on peut s'autoriser quelques folies de temps à autres), que l'entreprise Chouaïeb a choisi pour refaire la colonne d'eau de l'immeuble aux alentours de 06h45... Je tiens à remercier celui qui a joué de la perceuse avec brio de façon si outrageusement matinale. Moi qui aie choisi comme sonnerie de réveil un truc doux qui ressemble à du-vent-dans-les-bambous-du -jardin-japonais-là-où-il-n'y-a-pas-de-bruit-et-que-tout-est-paisible, je dois dire que je n'ai pas eu le plaisir de l'entendre. La mine hagarde et le pas mal assuré, je me dirige vers le lavabo en vue de procéder à mes ablutions mais quand j'ai tourné le robinet dans l'espoir d'y voir jaillir un torrent d'eau fraîche et pure, c'est trois gouttes saumâtres et un bruit de crépitement qui s'en échappèrent. Je me souviens alors vaguement d'une note scotchée à la porte de mon immeuble faisant vaguement aussi allusion à une coupure d'eau. Le chauffe-eau crachota quelques éticelles qui ne furent pas entièrement pour me rassurer.  C'était l'occas' rêvée pour profiter comme il se doit d'un lundi que je n'aime pas. J'attrape mon téléphone et compose le numéro de mon patron, à la deuxième sonnerie s'enclenche sa boîte vocale: "Oui euh Didier désolée de vous prévenir si tard (10h45, je suis censée commencer à 11h00) mais je risque d'avoir un peu de retard parce que euh... voyez-vous mon chauffe-eau fait des bruits bizarres et crache des éctincelles parce qu'en fait euh ce matin, ils réparent la colonne d'eau de l'immeuble et euh je suis descendue voir les plombiers qui m'ont dit de pas bouger de rester chez moi et de les attendre... (mensonge éhonté) alors voilà... Bon bah je suis désolée vous pouvez me rappeler 01................ Bon ... Bail!e baille! Euh pardon, à plus tard... Euh... j'vous rappelle."

Quinze minutes plus tard alors que je suis tranquille devant mon pécé à discuter avec ma mère, il rappelle: " Oui Didier à l'appareil, hors de question que vous restiez chez vous, on est grave dans la merde, le Chef est dans le jus complet (Hein quoi?) surtout qu'Eddy n'est pas là c'est sa semaine de cours alors il rame grave (hein??? quoi???), ce que vous faites vous éteignez le compteur et je viendrai vérifier votre tuyauterie (hu! hu!) après le service. On va voir ça ensemble. Zavez dix minutes pour ramener vos fesses. Baille." Clic.... Holy sh...!

J'arrive et trouve dans mon pot à pourboire une dizaine d'euros, très probable suite de ce que je n'avais pas pu prendre vendredi soir. Je suis contente de les trouver, un peu comme un billet oublié dans une poche de jean. Je me dis que finalement, j'ai bien fait de venir. On a peu de monde, le Chef (pas le mexicain, celui d'avant, j'm'y perds, il change chaque jour que Dieu fait) est effectivement dans le jus attendu qu'il veut me faire servir un filet de harengs doux sur pommes tièdes avec des binch salement découpées et crues, de surccroît... Quelques instants plus tard le Chef mexicain déboule avec un sourire niais, son concurrent le regarde d'un oeil qui ne laisse rien présager de bon si d'aventure il ne dégage pas fissa-fissa de sa cuisine... "Je viens voir Charlotte", annonce-t'il d'un ton triomphant. J'apprends qu'il a trouvé un poste ailleurs, qu'il part demain dans le sud de l'Angleterre où dit-il: "Les mentalités sont plus mieux". A l'annonce de la nouvelle, Charlotte manque de fondre en larmes genre vous pouvez pas me faire ça et je vois qu'elle aussi ça l'épuise ce défilé de Chefs qui ne veulent pas rester en place. "Il était bien pourtant celui-là" me dit-elle une fois qu'il est parti, son menton tremble.

Arrivent deux hommes que je range immédiatement dans la catégorie gros chieurs à peine eurent-ils passé la porte. "Bonjour messieurs!" Pas de réponse  "Deux personnes?" " 'Ai, deux personnes..." Je leur désigne une des trois tables de deux qui sont libres mais ils tiennent absolument à prendre une table de trois. "Comprenez messieurs que je suis horrfifiée de ne pas pouvoir vous donner cette table, nous allons en avoir besoin... Navrée..." (je secoue un peu la tête pour accompagner le geste à la parole) " Ah ouais? Bah vous nous donnez cette table sinon vous perdrez deux clients!!!" Je leur dit : "Ecoutez Messieurs pas de chantage ici, vous me mettez extrêmement mal-à-l'aise alors sortez, c'est pas une façon d'obtenir ce qu'on veut!" Evidemment je n'ai pas dit ça, j'ai du dire un truc du genre "..allez-y installez-vous" d'un ton pas aimable. Je n'ai eu droit ni à un merci ni même à un aurevoir, leur commande n'était qu'une suite d'ordres aboyés. C'est avec un grand sourire que je leur ai amené deux cafés dans lesquels j'avais un peu essoré mon éponge.

Mon seul et unique souhait est de me barrer le plus tôt possible, à 14h00 je répète à Charlotte le laïus que j'avais maladroitement répété sur son mari quelques heures plus tôt,  surtout surtout, avant que son mari n'arrive pour comme il dit "vérifier ma tuyauterie". Quand je veux récupérer mon bien (les euros trouvés en arrivant) Charlotte me fait  "Tatatatatata, je ne suis pas sûre que ça vous appartienne, vous ne pouvez pas les prendre il faut que je demande à Antoine (son fils qui avait bossé avec moi et avec qui j'avais fait moitié-moitié, on m'y reprendra plus) si ils vous appartiennent bien. Et puis pour compenser vous viendrez une heure plus tôt demain. Elle me tend des pièces en cuivres récupérées sur une table, trente cents à tout pêter, ainsi qu'un billet de vingt francs suisses, et me dit "Par contre, ça c'est bien à vous!"

par Vieux Félin publié dans : La meilleure facon de marcher
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