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Qui me Parle???

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Je ne suis pas un numérooo !!!

Vous êtes le ème pelé à glander ici, félicitations...

Jeudi 29 mai 2008

 

Bah t'attends, connasse.

C'est ça, j'ai plus qu'à attendre. Et donc, me revoilà parmi vous, à me bouffer les ongles, à me maudire, à me mortifier. Trois jours d'exams, c'est pas bézef, j'en conviens mais j'étais littéralement sur les rotules.

Lundi: grosse grosse panique parce que jamais de ma vie j'ai foutu les pieds à la fac de Rouen devrais-je dire fac-de-Rouen-de-Mont-Saint-Aignan-à-trente-bornes-de-Rouen-tant-ça-parait-loin. C'est dingue la "capacité volumique" de ce campus, entouré de cités, si bien que par mégarde tu peux très bien te retrouver à attendre ton partiel dans une cage d'escaliers.

Mais je n'étais pas sotte à ce point-là et surtout j'ai eu la chance monstrueuse de tomber tout de suite, au pif biensûr, sur le bon bâtiment où des gens sirotaient frénétiquement un café dégueulasse en fumant leurs doigts.

"- C'est ici le DAEU? Je questionne une nana au bord de l'évanouissement

- Ouais ouais c'est là, enfin j'crois, putain c'est là??? Ouais... faut qu'j'me calme, euh ouais haha... c'est là, enfin je crois.

- Merci (je vois l'affiche annoncant l'épreuve de Français) en même temps, c'est écrit juste là, donc c'est sûr.

- Tu sais on est jamais sûr de rien dans la vie.

- Laisse-moi deviner, CNED?

- Comment tu sais??? Pourquoi ya un problème, les étudiants Cned peuvent pas le passer??? Mais dis-moi, putain! Dis-moi!

- Mais non, du calme! Je disais ça parce que ça se voit, c'est tout. Moi aussi je suis du Cned.

- Ok, ouf, tu veux bien rester avec moi?

- Hein?

- Bah ouais j'connais personne...

- Moi non plus je connais personne, c'est pas une raison pour être aussi désespérée. (salope que je suis)

- Euh... Ok pas d'problème. Elle fait mine de partir, courbée par le fardeau de son angoisse.

- Mais non, désolée. Je deviens revêche quand je suis stressée, tu veux un café?

On papote autour d'un café infâme, toutes deux terrifiées à l'idée de passer une quelconque épreuve, priant à chaque minute qui défile et regrettant le jour où l'inconscience nous a fait nous inscrire.

On entre finalement dans l'amphi en grand brouhaha. A qui de faire grincer sa chaise, à qui d'exploser sa canette de coca sur le sol. On nous tend les sujets et dans la précipitation, je prend à peine le temps de les regarder: Un résumé+discussion sur la ville vue par Finkelkraut: c'est nul, dégage. Un commentaire littéraire sur Le chêne et le Roseau par Anouilh, arrière démon, dégage (j'avais depuis longtemps oublié comment commenter une putain de fable). Une dissert' "Pensez-vous que le rôle de l'écrivain soit plus de divertir ou d'avertir? Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur vos lectures personnelles et sur les textes du corpus" Et devinez ce qu'elle a prit cette grande nigaude? Bah la dissert', évidemment.

Quatres heures passent durant lesquelles je ne lève le nez de ma copie que pour aller fumer une clope. J'applique la méthode à lettre, mon plan me parait sur le moment tenir la route.

Je sors, finalement. Même si ma dissertation me parait ridiculement courte, la méthode y est. "l'angoissée" me rejoint sans tarder, plus paniquée encore.

" - Oh putain j'ai foiré!

- T'as pris quoi?

- La dissert', et toi?

- Pareil.

- Je crois que je suis hors-sujet, j'ai commenté les documents du corpus, putain quelle conne!" Elle a un regard de bête traquée, la pauvre...

- ...

- Tu crois que j'ai foiré de faire ça, hein?

- Bah, comme l'annonçait le sujet... C'était une dissertation, pas une étude de document..."

On a pas le temps de se lamenter, il est déjà l'heure de l'anglais. Je suis passablement furax attendu que si j'avais pris plus de temps pour lire les différents sujets, j'aurais pû constater que j'avais déjà fait le sujet sur la ville (c'est même le seul devoir que j'ai rendu dans cette matière) auquel j'avais eu 16/20, le même, exactement. Pute de moi.

Pour l'anglais, on nous tend un cahier gigantesque bourré d'exercices (dix pages).

Là encore je ne vais pas jusqu'au bout et constate à trente minutes de la fin de l'épreuve, qu'en plus des exercices, je devais répondre à deux questions d'expression, cent mots chacune. Le sujet traitait de la difficulté des handicapés dans une société inadaptée à leur handicap, en gros. Je répond nerveusement à la première question dont je ne me souviens même plus, genre sommes-nous tous égaux face au handicap ou une connerie comme ça.

Quant à la deuxième, j'en peux tellement plus que je pète un plomb. L'exercice était: "Ecrivez à votre député pour lui suggérer les changements que vous apporteriez pour améliorer l'accessibilité des handicapés dans la vie de tous les jours. Voilà, en gros ce que j'ai pondu:

" Mister Deputy,

Be sure I'm filled with regrets to interrupt your secretary blowing you under the desk but here's something I'd like to say. Why don't you pull your fingers out of your ass to check how you stink?

Blablabla (injures)

Ok, sorry, I've got to go...

Sincerely yours and another brick in the wall."

Chuis pas sûre que ça passe. Surtout que c'était totalement gratuit et que ça n'avait pas vraiment de sens.

Bref, le lendemain c'est ma bête noire: l'Histoire. Avec la marmotte insomniaque et prompte à nous filer une crise cardiaque que nous nous trimballons mon mec et moi, j'ai pas vraiment eu le temps de potasser. Je me rend donc à l'épreuve avec ma bite et mon couteau et advienne que pourra. J'ai choisi par dépit la République gaulliste en étude de documents. Tu as quatre documents, statistiques, affiches de mai 68, une conférence de presse de Giscard et l'extrait d'un pamphlet de Mitterrand. Première partie, on te demande de commenter les documents, tranquille. Mais ensuite on te demande une synthèse s'appuyant sur des connaissances chez moi inexistantes. J'ai fait comme j'ai pu et en guise de conclusion:

" Nous savons, vous comme moi, à la lumière de cet ersatz de synthèse, que je n'ai aucune idée de quoi je parle. Je ne m'en cache pas. J'aurais sans doute été plus locace si mon fils de deux mois avait eu la bonne idée de faire ces nuits. Cependant, je sûre que vous saluerez la beauté du geste, l'effort de tentative." Je ne peux m'empêcher de partir d'un grand rire bien sonore qui laisse l'examinateur perplexe.

Et puis merde...

Hier, j'étais au bord de la crise de nerf. C'était l'épreuve de littérature, j'étais au taquet grave.

Tous m'avaient dit (les étudiants ainsi que la secrétaire du DAEU) que nous aurions les deux oeuvres du programme au choix: Dom Juan et Le livre de ma mère. Chose qui m'a fort plu, du collège au lycée, j'avais soupé de Molière. Je me suis donc complètement rabattue sur Albert Cohen. Adieu Si c'est un homme, les dieux de la procrastination étaient avec moi depuis dimanche, jour où j'ai découvert que je n'avais pas le bon programme.

Comment trouver le Livre de ma mère un dimanche en province? Si comme moi, tu as le cul bordé de nouilles, tu appelles ta prof de français de première. Celle-là même avec qui tu as gardé contact, celle-là même qui fondait tous ses espoirs en toi et qui t'avait proposée au concours général, celle-là même qui ne t'en a pas voulu quand tu lui as dit en substance "Non, j'ai pas que ça à foutre". Par miracle, tu réussi à l'avoir, par miracle, elle possède bien un exemplaire, par miracle, elle te le donne et t'envoie même par même mail quelques pistes de lecture.

Je crie ton nom Catherine Gotteland. Bénie sois-tu entre toutes les saintes.

J'étais donc bien bien prête, mais bien bien stressée. A tel point que j'en oublié de prendre avec moi l'exemplaire de Dom Juan. Quand je te dis, lecteur, que les dieux de la procrastinations étaient avec moi... tu vas voir.

J'arrive une demi heure avant l'épreuve et discute avec les autres aspirants à la gloire.

J'apprend que nous étions 119 inscrits, 20% ne se sont pas présentés aux épreuves et que, sur ce panel, seuls 50% auront le diplôme. Je ravale avec précaution un haut-le-coeur.

Tout le monde semble avoir choisi Dom Juan, l'angoissée itou et je me sens du coup bien seule. Nous entrons dans la salle d'examen, les sujets arrivent et je ne comprend pas pourquoi tout le monde tire une telle tronche défaite, je suis la dernière à recevoir le sujet et je lis: "Sujet: Le livre de ma mère, dissertation ou commentaire composé".

Pas de Molière partant, plus de joie. Là, je ne déconne pas, je remercie le ciel, de tout mon coeur pour m'avoir faite si foutrement veinarde. Je reste les quatres heures de l'épreuve, je pond un truc plus long que le Nil et sors finalement avec la tête de celle qui a vachement pris son pied. Un bon nombre d'étudiants attendent à la sortie et me regardent avec un oeil mauvais, particulièrement une qui passe l'exam pour la troisième fois et qui part en me disant merde avec un air de je ne te souhaite pas bonne chance. Je suis contente de cette épreuve, Dieu, j'ai tout donné.

Et maintenant? Bah j'attends... Connasse que je suis.

Merci à mère d'avoir gardé mon insomniaque marmotte pendant que je jouais à l'étudiante

"Amour de ma mère, à nul autre pareil"

par Vieux Félin publié dans : La meilleure facon de marcher
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Dimanche 25 mai 2008

C'est drôle la vie... parfois, elle te fait croire que malgré une grossesse pas facile, un long séjour à l'hôpital, des nuits blanches qui n'en finissent plus de pâlir, rien ne t'empêche de t'atteler à des révisions toutes laborieuses pour toi qui a fuit le système scolaire à l'époque où Alexandre Devoise passait encore pour un bon animateur. Tu passes de coq à l'âne: du change de couches puantes au lexique guerrrier de l'acte I de Dom Juan et tu te ménages même un peu de te temps pour mater un épisode de House Md ou de How I met your mother. Et donc tu es plutôt sereine en ce vendredi 23 mai 2008. Tu colles son biberon dans la petite bouche si parfaite de ton grumeau et tu te replonges dans les verbes irréguliers drink-drank-drunk-eat-ate-eaten. Une fois le bib' expédié dans l'estomac si parfait de ton grumeau, tu le couches et une fois cette mission remplie tu te rues sur ton ordi pour aller lire tous les blogs que tu aimes et que ces temps derniers tu t'es vue obligée de délaisser. Mais un truc te pousse à aller voir ton môme, t'y vas, tu le trouves un chouille pâlot mais rien de très inquiétant. T'y retourne 20 minutes plus tard et là tu le trouves carrément trop bleu pour être honnête. Tu le chopes, tu le secoues un peu "Si tu meurs, je te tue p'tit bâtard!", tu cours chercher un thermomètre et le temps de revenir, il a retrouvé ses couleurs. Tu soupires de soulagement parce que bleu comme il était, inerte, t'as bien cru qu'il était mort. T'appelles le médecin qui vous reçoit sans tarder, il ne voit rien de particulier mais t'envoies quand même aux urgences ped de Mantes, parce que ya pas à tortiller du fondement pour déféquer déquerre: C'est pas normal pour un bébé d'avoir l'air mort.

Vers 21h, t'arrives aux Portes de l'Enfer, ya pas écrit "Vous qui entrez laissez tout espoir" mais "veuillez éteindre vos portables siouplait", hormis ça, t'es bien en pleine Divine Comédie: un monceau hallucinant d'âmes torturées: à qui de s'évanouir, à qui de pisser le sang, "Et le môme qu'est arrivé avec un couteau dans l'dos??? Il couche avec qui???". T'arrêtes pas de te friter avec ta moitié parce putain c'est vendredi soir, il va très bien ton chouips, moi j'ai bossé comme un taré toute la semaine et blablabla. Une infirmière enregistre ton fils, lit la note que ton médecin t'a chargé de transmettre et dis: "Faut l'hospitaliser, votre fils". Tu demandes pourquoi? Elle dit c'est écrit "en état de mort apparente". Tu réponds oui mais là, ça se voit qu'il va bien regardez. Elle dit "Faut l'hospitaliser, faut l'garder en observation" Tu dis que tu ne vois pas pourquoi attendu qu'il n'a pas encore été examiné par un pédiatre, tu argues le déficit de la sécu et elle de te regarder comme une mauvaise mère, elle se barre avec un air de je vous laisse réfléchir. Elle revient dix minutes plus tard, cette infirmière, tu peux pas l'encadrer de la même façon dont tu n'encadres jamais quelqu'un qui prononce les "s" comme si il avait l'intention de te sssssssscier les tympans.

" - Faut l'hosssssssssssssspitaliser votre filsssssssssssss, il a frôlé la mort subite du nourisson.

- C'est pas vrai????

- Peut-être...

- Comment ça "peut-être" vous balancez des diagnostiques du dimanche sans savoir???

- On sssssssssait jamais...

- Ecoutez, comme tout le monde ici, j'ai pas que ça à foutre que d'attendre trois plombes, mon fils n'a même pas été examiné que vous voulez l'hospitaliser???

- Ya écrit "en état de mort apparente"

- C'est pas parce que mon médecin est suffisament con pour avoir écrit un truc pareil qu'il faut tout prendre au pied de la lettre, nan mais regardez-le, rien ne justifie une hospitalisation pour le moment !!!

- Pourquoi vous voulez pas l'hosssspitaliser?

- C'est pas que je ne veux pas, c'est juste qu'il faudrait peut-être l'examiner, non?

- Faut hosssssssssssssspitaliser votre filsssssssssssssss, madame. Pourquoi vous ne voulez pas l'ssssssoigner, votre filsssssssssssss?

- Mais bordel, arrêtez d'me prendre pour une mère indigne, pour le soigner faudrait déjà trouver ce qu'il a et sans pédiatre ça me paraît compromis.

Tu regardes ton chouips de plus près. Il a l'air aussi paisible qu'un bong.

Les minutes défilent en dialogue de sourd entre l'infirmière et toi. Elle me prévient: "J'vous préviens çççççççççççççççççççça va être long."

L'ambiance est tendue-tendue, il fait chaud, t'en as plein l'cul mais t'es morte d'inquiétude parce que d'un coup d'un seul, ton bébé se met à chialer. Boh, au début tu te dis que c'est parce que ton mec et toi vous hurlez dessus depuis vingt minutes " Tout ça, c'est de ta faute!" mais il continue malgré la trêve discutable que vous vous êtes imposé. Il hurle, il trémule et vomit un jet de lait digne de l'exorciste. Ok, il va crever, putain il va crever, putain il va crever. Le chef de service arrive et décèle une hernie inguinale (en gros pour les néophytes, c'est quand le péritoine laisse passer de l'intestin dans la couille de ton fils). On l'emmène passer une échographie qui confirmera la hernie. De ton côté, t'es à peu près sûre qu'il n'y a aucun rapport entre le fait qu'il est viré au bleu et la hernie inguinale. On te soutient le contraire. Rien à voir mais ça fait mine de rien 24 h que tu n'as pas dormi. Les heures passent, minuit arrive sans que t'en doutes. Le chef de service de Mantes-la-Jolie, que tu ranges automatiquement dans la catégorie juif tunisien because tu connais l'sujet, te dis qu'il faut le transférer à Charles Nicolle à Rouen pour qu'il soit opéré. Il appelle devant toi l'hôpital pour essayer de le placer. Tu te rappelles pourquoi t'adores entendre parler un juif tunisien et pourquoi on peut facilement les repérer: la plupart des juifs tunisiens ne connaissent pas l'emploi des prépositions, pas de "maisouetdoncornicar". C'est très drôle à entendre. Bref. T'as pas le temps de te marrer parce que mine de rien, tu frôles la crise de nerf.

A 02h00, une ambulance embarque ton fils et tu la suis comme tu peux, enfin comme le permet un Iveco qui dépassera jamais 110km/h. T'arrives vers 03h30, hagarde échevelée et livide. Dans une chambre de deux mètres sur trois, ils mettent ton fils dans une espèce de cage à pieds qu'ils tentent de te faire passer pour un lit, le branchent avec toute sorte de fils. Il est vite 05h00. On te dit qu'il va être opéré mais à onze heures et demie, t'attends toujours que le chirurgien passe te voir pour confirmer. Tu partages la chambre avec une petite fille et sa mère de sept enfants (je dis sept enfants parce qu'ils sont là, dans la chambre, à brailler pendant que ton fils est censé dormir). La première fois, tu dis gentiment qu'ils feraient mieux de la boucler mais la deuxième t'es carrément moins sympa. Autant dire que ça ne fait effet que 5 minutes. A 17h30, enfin, le chirurgien arrive et dit:

" - Bon, on a pas besoin de l'opérer, rien ne presse, il va bien.

- Ok, mais et son malaise?

- On suppose que c'est un renvoi qui a fait fausse route.

- Donc il ne va pas mourir, hein?

- Non, il va bien. Il peut sortir. "

A 18h30, ton mec démarre le camion. T'as pas dormi depuis... t'es trop fatiguée pour compter. Tu rentres chez toi avec ton chouips et ton chouips et tu sombres dans un sommeil de plomb.

Ce matin, tu penses encore pouvoir réussir tes exams. Jusqu'à ce que tu te mettes à lire ta convocation " Ne seront autotisés comme document les deux oeuvres au programme de littérature Dom Juan et Le livre de ma Mère". Comment ça Le livre de ma Mère? J'lai pas lu Le livre de ma Mère !!!!

C'était pas Si c'est un homme????

 

par Vieux Félin publié dans : Les Terrifiants
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Vendredi 23 mai 2008

Ya des fois, avec ma pote... qui a une Val (l'Appartement), une Poupon et une pute de chatte (Edit: j'ai oublié un frère: Le Levraoueger) (L'emmerdeuse, bande de niais! Allez voir dans Létrucdézotgens parce que je sais toujours pas faire un lien toute seule) j'disais donc, ya des fois avec l'Emmerdeuse, faudrait qu'on se consulte avant d'écrire un article parce que disons que... si je ne faisais pas gaffe, six fois sur dix, on écrirait sur les mêmes trucs en même temps. Mais pas vraiment de la même façon, cela va sans dire. Bon. Ceci étant dit, et vous étant revenus de son site...C'est bien, hein?, j'vous dit un truc. Je passe mes exam's la semaine prochaine et je viens juste de me mettre aux révisions "J'écrirai ton nom... procrastination". C'est un truc qui s'appelle diplôme d'accès aux études universitaires. En gros, c'est comme une rampe pour fauteuil dans les hôpitaux, sauf que là, c'est pour les handicapés du système scolaire dont votre obligée représente un spécimen je dois dire fort beau. Si t'as pas compris, c'est l'équivalent du bac pour ceux qui ont dit baille-baille au lyçée. Donc, rien de plus normal, j'ai eu sept mois pour me préparer mais je ne m'y mets que maintenant. J'ai quatre épreuves: français et anglais le lundi, littérature le mardi et histoire le mercredi. Pour ce qui est du français et si vous avez bien en tête mon caractère tout naïf, procrastinateur et "je-me-repose-sur-mes-lauriers-depuis-le-cépé", vous comprendrez aisément que, ayant miraculeusement eu 15/20 au bac français 1999/2000 (chuis jamais allée plus loin), je zappe complètement cette matière du programme de mes révisions. Tranquille Mimile et advienne que pourra, celui qui me jette au nez toutes mes fautes d'orthographe n'est qu'une engeance de la pire espèce...Quant à l'anglais, je suppose - avec une confance qui ressemble étrangement à de la connerie - qu'avec toutes les bêtises que je regarde en V.O, je devrais m'en sortir sans trop de dommages. Reste l'histoire, reste la littérature. Tout ce que je connais de l'Histoire... c'est la chute du Mur de Berlin, la naissance du Christianisme, le Jeudi Noir, Marignan 1515, la Révolution Française et l'Industrialisation. Autant vous dire que c'est pas bézef quand tu dois connaître le Monde de 1945 à nos jours, surtout quand tu rentres comme données au problème le fait que je n'ai pas encore ouvert mes cours sur le sujet. Je fonde donc tous mes espoirs sur l'épreuve littéraire. Ahem. Demandes-moi de te faire un cours sur Stewart O' Nan, une thèse sur Vian, une biographie de John Fante , de t'expliquer les répercussions économiques des bouquins de Ravalec sur le marché du livre ou l'explication par le menu de l'oeuvre de Queneau, chuis au taquet. Mais demandes-moi de te parler de Si c'est un homme, qui fait partie de mon programme, et je serais coite, j'te regardais comme une putain de carpe que t'aurais sortie de son bassin de Mes-Fesses-en-Chine. Donc j'ai lu Si c'est un Homme. J'l'ai même lu avec les yeux d'une Goï, histoire de rajouter un peu de fraîcheur à un sujet qui, n'en déplaise aux furieux, me fais un peu l'effet d'une chanson de Lorie... déjà que ça fait mal aux oreilles la première fois, mais à force de l'entendre sans arrêt, t'en peux carrément plus. Si par malheur t'es un tant soit peu concerné, pour la métaphore on va dire que t'es un(e) cousin(e) de Lorie, tu peux finir par penser tuez-moi-mais-par-pitié-changez-de-sujet. Bon. Pas la peine de ménager le suspens, ça te met toujours une bonne tarte dans les babines. Et pis je dois te dire, cher lecteur qui ne me connait pas encore bibliquement et Dieu sait si vous n'êtes pas légion (tousse, tousse) que je suis le fruit d'un étonnant mélange. Un quart: grec de Salonique (Ouuuuh c'est des juifs), un autre quart: polonais (ouh c'est encore des juifs), encore un quart: danois (mon côté Viking-t'as-une-descente-qu'on-remmontrait-pas-en-vélo) et mon p'tit quart: français (qui justifie l'expression de Gabi "faire son français") Si en plus tu prends en considération les origines allemandes et vaguement brésiliennes de ma moitié, t'auras une bonne idée du bordel culturel de mon fils. J'ai donc essayé de le lire avec toute l'innocence d'une pucelle sur un lit de bidasse et je m'attendais déjà à ce que mes yeux parcourrent une liste plus qu'exhaustive des horreurs dont j'ai pu déjà cauchemarder avec des mots comme four, abat-jour, savon, bouton, dent en or, charnier, tatouages et j'en passe. Et bah là, non. Là je me suis dit qu'il n'y avait nulle trace de complaisance dans l'évocation d'une époque empreinte d'atrocités. Toi qui ne connais pas encore Si c'est un Homme mais qui est allé au collège, au lyçée, à la fac ... lis-le. A ma connaissance, qui connait cependant de nombreuses lacunes, il y a deux oeuvres désormais qui, selon moi, apportent un regard juste (oui, juste et hautement tolérant) sur la Shoah: Les Bienveillantes et Si c'est un Homme. Dans ces oeuvres respectives, aucune trace de complaisance, ni de "faute" puisqu'on en a soupé, et seulement la dissection précise de l'humain et de ses méandres. Il faut un courage qui manque à beaucoup pour se faire la vraie parole sans sanglots d'une époque qui ne fut pas la nôtre. Deux voix, un témoignage pour une fiction, qui valent mille mots des autres, qu'ils soient sionistes ou révisionnistes, qu'ils soient pacifitistes ou vengeurs et peu importe ce qu'ils sont. C'est en qualité d'homme que nous nous devons de comprendre ce en quoi nous sommes tellement faillibles. Et que la mémoire suffit trop bien à exclure un pardon qui ne nous appartient plus.

Je me suis rendue au Mémorial du Marais, pour y lire mon nom parmis d'innombrables autres. Ca fait très mal de savoir, grâce aux fantastiques données du Mémorial, le métier et l'âge de ton aïeul, le nom de la rue et le numéro du train qui ont vu déporter les tiens, à Dachau ou Buchenwald et aussi ces blessures dans les yeux des doyens de ta famille. Mais quand j'ai lu ces deux textes, quelque chose m'a libérée de cette souffrance latente qui n'était pas la mienne.

C'est la valeur simple de la voix, qui ne fait que raconter.

par Vieux Félin publié dans : La meilleure facon de marcher
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Mardi 20 mai 2008
Qui est-ce qui raconte sans arrêt que la télévision est un ramassis de miasmes tous droit sortis du cul de l'enfer? Ok, la plupart du temps je le pense... ya qu'à voir les télé-réalité-on-te-mornifle-les-ganaches-en-vrai-et-en-16/9, au fait z'avez entendu parler de cette nouvelle idée toute ricaine? Le show dans lequel des gens se font passer pour des jeunes filles de treize, quatorze ans qui surfent sur le web pour dénicher de pseudo-pédophiles... En gros... tu suis Cindy de Milwaukee, décidement, elle est partout celle-là, qui se fait passer pour une gamine de 12 ans qui se balade hétéroclite sur www.onsenfout.com. Sa mission, nous dénicher un mâle entre 25 et 55 ans voire plus, l'appater grave et lui proposer de passer chez lui histoire de se rincer les badigouinses à grands coups de slushy cerise en écoutant le dernier Justin Timberlake. Si le mec dit ok, c'est bon pour Cindy. Si le mec dit ok, à peine a-t'il ouvert sa porte d'entrée qu'il se trouve plaqué au sol par une tripotée de flicaillons plus bourrés qu'un Nîmois un jour de ferria et entouré de caméras en veutuenvoila. On l'embarque en direct, inculpé pour tentative de on-est-pas-trop-sûr-de-quoi-sur-mineur-virtuel-de-moins-de-quinze-ans. Ca rassure les parents et en plus ça rapporte...Rassurez-moi, je ne suis pas la seule à voir toute la putasserie de cette idée? Bref, la plupart du temps, regarder la télévision, c'est un peu comme quand tu veux sauter en parachute, l'idée est louable mais on ne peut pas prédire les résultats. Tout dépend du psychisme de l'intéressé. Alors ya bien des expériences gentillettes, comme quand tu te colles devant le téléfilm du vendredi soir sur france 2 because ya Jean-Pierre Daroussin et que tu l'aimes bien et surtout parce qu'il y a un pote à toi qui joue le rôle du "bicot" inculpé à tort pour meurtre dans la France hypra-raciste des années soixante. Bon, ça casse pas trois pattes à un canard mais tu te marres bien à mater ton pote prendre l'accent d'un épicier marseillais. T'es même un peu fièrote, parce que Lahcen, tu l'aimes bien. C'est le genre de type qui t'étonne et tu te souviens du soir où, coincée derrière ton bar, tu textotais tout en faisant semblant bosser et que Lahcen se pointe, te regarde deux secondes avant de lâcher: "Félicitations ma grande! C'est pour quand?" alors que ça fait deux jours que tu sais que t'es knocked up et qu'à part ton mec personne ne sait. Bon. Ya aussi les trucs super chouettes genre la freebox. Et là, je rend largement hommage à Freebox, seule divinité devant laquelle je peux encore me prosterner, exceptés Queneau et Vian mais c'est une autre histoire. La seule divinité qui te permet de télécharger des trucs de façon peu légale et de les mater tranquille sur ton écran 17 pouces. Je rend gloire au Dieu Freebox. Et puis parfois, quand t'es tellement crevée que tout ce que tu veux c'est la béatitude hypnotique que seule peut procurer une chaîne comme TéVa ( je suis la seule à penser que ça veut dire Télé-Vagin?), tu te colles devant Les dossiers de Téva tout en ignorant le babyphone qui gueule sa race, parce que si tu y prêtes attention une minute de plus, tu feras soon partie des mères qui ont secoué leur bébé. On dit que tu te colles devant Téva et Marianne Fournier pendant que ton mec fait semblant de prendre son rôle de parent au sérieux et se contente de mimer ce qui devrait être le bain du bébé. Biensûr, il est infoutu de savoir où sont les choses:
"- Chouips? Où c'est les serviettes? C'est combien la température du bain? J'le déshabille maintenant?
 - Dans l'placard sur l'étagère (ça te dit quelque chose l'Emmerdeuse? Le beurre?), 37°, nan tu le laves d'abord et ensuite seulement tu le déshabilles!"
 - Je prend l'éponge tu crois?
 - Nan, j'l'ai achetée pour faire joli sur le lave-linge..."
Donc on a dit que t'es collée devant Les dossiers de TéVa, tu te crois passablement mauvaise mère de confier ton fils à qui croit que :
 "- C'est pas grave, laisse-le chialer, il te teste... t'es vraiment trop bonne, il va te chier dans la main, ce môme.
  - Il a 47 jours, tu crois qu'il maîtrise des concepts tels que le chantage???"
Le sujet de l'émission, c'est le Couch-surfing... Et tu trouves le truc génial, de purs inconnus qui viennent squatter ton canap'... des européens, des américains, des asiatiques... peu importe! Tu sens la bonne vibe du partage te remonter l'échine, un truc que t'as pas connu depuis dix ans, alors que tu écoutais du Bob tout en nettoyant ton bang démontable avec toute la dévoterie du culte, tout en passant à ton voisin un joint d'herbe fadasse aux relents pourris. Direct, tu tapes Couch Surfing sur Gogole et direct... tu "subscribe now!" T'es super excitée, tu te dis "Putain mais c'est génial, un réseau qui te permet de voyager n'importe où sans payer le logement et en rencontrant des gens, c'est altruiste, c'est grand, c'est HUMAIN!!!!" C'est le partage, putain c'est désintéressé, aux chiottes le profit et mon cul sur la commode. Et pendant que tu remplis ton profil, tu te demandes ce que tu as à partager... Ok tu cuisines comme une salope mais ça fait mince comme "particular skills" Et puis ton mec t'appelle depuis la salle-de-bain. T'es gentille alors t'y vas...
" - Chouips, c'est de la merde ton éponge... t'as vu elle se dissout dans l'eau, t'es pas un peu nulle? 
  - T'as raison, c'est de la merde...
  - Bah oui j'ai raison, pourquoi t'achètes pas de la bonne qualité? (Tu continues de te demander ce que tu as à partager avec des étrangers...)
  - Non j'veux dire c'est vraiment de la merde...
  - Bah oui j'vois ça, tu me prends pour un con?
  - J'veux dire... C'est de la vraie merde... c'est pas l'éponge qui se dissout. Il a chié dans l'eau, ton fils.

La télé... parfois c'est bien, mais parfois faut s'abstenir.
par Vieux Félin publié dans : La meilleure facon de marcher
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Mercredi 14 mai 2008

 

 

A huit ans, l'âge où "après Barbie, le déluge" j'adorais jouer à Barbie est une fille-mère. Viens voir que je t'explique à quel point j'étais déjà dérangée à l'époque. Bon yavait Barbie, le bébé de Barbie et la baby-sitter adolescente du bébé de Barbie. Imaginer Barbie qui confie son bébé à Cindy-sitter pendant qu'elle va faire du shopping dans sa décapotable comme si ça pouvait décoiffer Ken était trop profondément chiant pour que je daigne y accorder ne serait-ce que cinq minutes d'intérêt. Nan, déjà à l'époque je faisais plus dans le drame social que dans la comédie musicale. Dans le rôle de Barbie: l'assistante sociale. Dans le rôle de Cindy-sitter: la mère de quatorze ans et dans le rôle du bébé, Gus, notre teckel nain à poils durs (paix à son âme, so long, lil'budy). Ma grande-tante ne pouvait pas me blairer, elle disait "Cette petite est vicieuse", Dieu soit loué, elle ne m'a jamais vue jouer. Dieu soit encore plus loué, elle ne lit pas mon blog. Chais même pas si elle voit encore...

Synopsis: Marie-Margaret (allez savoir où j'allais pécher ce genre de blase... l'Emmerdeuse je t'entends penser...tu sors...) est une jeune fille de quatorze ans qui a dû vendre son corps un soir de bal du quatorze juillet à la caserne des Pompiers de Neufchâtel parce que la pauvre s'est fait mettre à la porte de chez elle. (ahem) Bah, bordée d'nouilles comme elle est, paf, un polichinelle dans le tirroir... Marie-Margaret ne sait pas qu'elle est enceinte parce qu'elle n'a eu ses règles qu'une fois et que bof, elle était même pas sûre. Au bout de cinq mois, force est de constater pour Marie-Margaret que c'est pas avec c'qu'elle bouffe qu'elle peut se taper un ventre pareil, elle a l'nez creux mine de rien... Elle se réfugie donc dans un centre d'aide aux mineurs en difficulté (pas sûre que ça existe) et y rencontre Barbie l'assistante sociale. Barbie est super sympa, elle lui fait genre "Tranquille, je vais m'occuper de toi et de ton bébé, tu vas pouvoir reprendre tes cours et devenir la personne que tu rêves d'être, tu pourras être ce que tu veux"

Marie-Margaret est perplexe: "Tout ce que je veux? Même présidente de la République?"

Barbie dit "Non tu te touches chérie, fonctionnaire ce serait déjà énorme". Notre jeune fille de quatorze ans ne sait pas ce que veut dire fonctionnaire mais comme ya fonction dedans, elle décide que c'est bien parce que, brave fille, c'est toujours chouette d'être utile. Mais voilà, hormis Marie-Margaret, tout le monde sait que Barbie n'est qu'une râclure de la pire espèce.

Une râclure de la pire espèce dont les ovaires sont secs comme le Sahel et qui n'en veut qu'à son utérus gravide. Elle lui fait miroiter collège et contrôles mais la laisse plus souvent qu'à son tour récurer les chiottes à quatre pattes sur le carrelage de son HLM de banlieue (déjà, à l'époque, Barbie souffrait de la baisse du pouvoir d'achat) tout ça pour s'emparer du môme une fois né. Bon je fais vite parce que je digresse, je digresse mais c'est pas là où je veux en venir. Donc bon, au bout d'un moment faut pas prendre Marie-Margaret pour une conne finie, elle se rend bien compte que Barbie lui veut du mal quand cette dernière lui colle un flingue sur la tempe façon "les bourses ou la vie" (ouais c'est un garçon). C'est là que Marie-Margaret se réveille devant son contrôle sur les fractions (j'avais huit ans, pas quatorze, les équations ou les identités remarquables, j'en avais jamais entendu parler). Béni sois-tu Eternel, ce n'était qu'un cauchemar. C'est alors qu'un doute affreux assaille le cerveau embrumé de Marie-Margaret. Elle repense à la nuit dernière avec le prof de math, raison de sa fatigue, et se demande si, comme lui a dit sa copine, faire un bébé c'est simple le mec il met sa graine dans la bouche de la fille et si elle avale, ça fait un bébé. Pas de doute pour Marie-Margaret, elle est vraiment enceinte. Elle sera vraiment fille-mère. Voilà à quoi je jouais quand j'étais gamine. J'ai toujours aimé (me) raconter des histoires, et quand elles sont glauques, c'est encore mieux.

Donc voilà, j'ai 26 ans, on ne peut pas dire que je sois fille-mère. Quoique, saches lecteur, que j'ai arrêté mes études à trois mois du bac et donc que je ne l'ai pas, mon bac..

Saches lecteur que, petite naïve que je suis, j'ai pensé que ma grossesse était l'occas' rêvée pour les reprendre par correspondance. Donc voilà, DAEU, quatre lettres qui veulent dire diplôme d'accès aux études supérieures, quatre lettres qui veulent dire que j'ai plutôt intérêt à me bouger le cul si je veux être prête pour les 26, 27 et 28 mai prochains, jours de mes examens, alors qu'on ne peut pas dire que j'ai foutu grand chose jusqu'à présent. Quatre lettres pour dire que je dois me taper Si c'est un homme, Perceval et je sais même plus quel truc de Diderot, en quinze jours. J'adorais me raconter des histoires, là je vais être servie avec la révision du Monde de 1945 à nos jours, et pis j'ai plutôt intérêt à revoir l'anglais. 15 jours, le f'ra-t'y, le f'ra t'y pas? Mystère...

Je ne sais plus qui disait que la vie finissait toujours par nous offrir ce dont on rêve... Pute borgne... Je suis irresponsable, j'ai un fils et je passe mon bac dans 15 jours...

Remarquez, il est quand même plus joli qu'un teckel...

On sait pas si il pose pour statue de Bonaparte ou s'il menace de me casser la gueule si j'arrête pas fissa de lui flasher les pupilles. Bien le fils de sa mère c'ui-là...

par Vieux Félin publié dans : Les Terrifiants
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Mardi 13 mai 2008

Bon, il y a une nana que je connais. C'est la femme d'un mec avec qui j'ai fait tout mon primaire et mon collège, un mec bien et puis beau j'vous raconte même pas... Ce mec se trouve être un bon pote de ma moitié, mon petit poulet au miel un soir de Pessah, voire mon chapon de Noël... Vous situez? Ok. Pourquoi je vous parle de cette fille me direz-vous, bah parce que cette nana, Céline de son ptit nom, ne fait pas que forcer mon admiration, nan, une fois n'est pas coutûme, je suis jalouse... Viens voir que je t'explique.
Avec Céline, on était enceintes presque en même temps, mais déjà elle avait de l'avance. Ouais, elle est tombée enceinte un mois avant que je ne le sois et je dois vous dire honnêtement que malgré ce que je peux raconter parfois, que certes mon fils n'était pas attendu, le plus juste serait de dire qu'il n'était pas vraiment attendu par son père. Moi, par contre, j'étais comme qui dirait au taquet. De plus, son mec l'annonçait comme la venue du messie, le mien voyait plus l'affaire comme annoncer au monde l'arrivée d'une guerre mondiale nucléaire. Donc Céline: 1, Vieux félin :0. Premier avantage.

Est venue ensuite notre pendaison de crémaillère, j'y pense encore (me suis toujours pas fait à l'idée que j'ai quitté Paris voilà huit mois, pour me retrouver à Trou-du-Cul-les-Clématites) parce qu'elle arborait un ventre bien plus gros que le mien. Normal, vous me direz mais en plus de ça, le connard bourré de la soirée (yen a toujours un) a voulu embrasser son ventre avant le mien. Par pur soucis de forme, j'lui ai dit d'aller se faire vous savez quoi. Bon. On arrive donc à Céline: 150, Vieux Félin: 15 (Ouais, je m'octroie 15 points parce qu'il était vexé, le connard bourré). Bon, c'est pas fini. J'vous ai parlé de mon accouchement certes, mais je ne vous ai pas parlé de la façon dont je l'envisageais moi-pure-naïve-je rêve-d'accoucher-sur-un-lit-de-feuilles-de-coco-dans-la-mer-avec-un-dauphin-et-une-pieuvre. Plus sérieusement je voulais simplement reproduire le schéma maternel à savoir accoucher sans péridurale. D'une parce que mon mec se foutait trop de ma gueule façon "Oh! Au fait... Est-ce que tu sais courrir? Parce que l'accouchement, je le sens moyen, t'es pas vraiment la fillenforme et pis t'es douillette... ça n'arrange rien" je voulais lui montrer que je suis une femme indépendante et pleine de ressource (j'ai été serveuse, putain!) et putain de forte et du genre à croire que c'est pas parce que tu pues de la gueule qu'un Stimorol va y changer quelque chose. Naïve... De deux parce que je suis une femme pressée et que la péridurale... ça endort plus qu'autre chose et de trois parce que, c'est comme ça, j'ai toujours aimé me la péter genre. Bref, bienheureux les simples d'esprit, la porte des cieux leur appartient ou un truc comme ça. Pourquoi je vous bassine encore avec mon accouchement? Voilà pourquoi. Céline a accouché quinze jours avant moi. C'est pas tout. Céline a accouché quinze jours avant moi sans péridurale. C'est pas tout. Céline a accouché quinze jours avant moi sans péridurale d'un bébé que 4325g. Nan, lecteur...c'est pas tout. Céline a accouché quinze jours avant moi d'un bébé de 4325g sans se plaindre putain! Nan-nan lecteur, c'est pas tout il en reste une... Céline a accouché quinze jours avant moi d'un bébé de 4325g sans se plaindre alors qu'elle était en plein démenagement... Paies ta Warrior. Ouais... en Normandie, quand tu rends hommage à un truc ou à quelqu'un tu dis Paies ta... ou Paies ton...

Alors que moi, bon... vous connaissez l'histoire.

Je pensais avoir rattrapé un peu de mon retard avec la croissance fulgurante de Lazare mais loin s'en faut. A l'image de la mère de l'année, elle conduit son nouveau né, sa nouvelle maison et son ainé (nan, j'vous avais pas encore dit qu'elle avait déjà un fils, rhhaaaa!!!) d'une main de maître... Moi quand je conduis mon fils dans mon ancien quartier, toute fière que je suis de montrer mon grumeau à qui me connait, je roule sur les pieds des passantes et je manque de faire passer mon fils par dessus bord... Audiart disait "Conduire à Paris, c'est une question de vocabulaire"

J'suis jalouse des femmes comme elle. Je les aime pas, les femmes comme elle.

Mais putain je l'aime bien, Céline.

par Vieux Félin publié dans : Sois Conne et Fais un Môme
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