Ca doit être une question de karma, j'vois pas d'autre
explication... A force d'écrire des conneries indécentes, ça a fini par me retomber sur le coin d'la gueule et puis gratiné façon carnage. Résultat de cette fin de semaine déplorable, ce dimanche
me voit levée plus chafouine que d'habitude. Si y'avait un concours de tronches revêches, croyez bien que je serais en pôle position. Ca a commencé vendredi: à peine avais-je posté mon dernier
article qu'une brûme d'inquiétude a envahit ce qui me restait de matière grise: deux heures à tapoter sur l'ordi et a explorer la faune bloguesque sans que mon fils ne se manifeste. Le truc c'est
que dès que je mets à taper sur le clavier il fait de même là-bas dans son utérus. "Tu vas bouger, bordel de merde! Bouge où j'te vend p'tit con!" Là... rien. Peau-d'blalle et balais d'crin.
Encore quelques minutes et l'inquiétude prend des proportions étonnantes quand je sens un truc mouillé au fond d'mon futal... Coup de fil à la Mater où la sage-femme m'engage calmement à me
rendre dans les plus brefs délais, j'aurais peut-être perdu les eaux. Je ne pense plus correctement, seuls certains mots jaillissent dans mon esprit comme des dauphins de carte-postale:
prématuré, accouchement, seule, couveuse, 31 semaines et autres t'es qu'une merde. Bon, je finis par arriver hors d'haleine au premier étage de l'Hôpital inter-communal Eure-Seine où la
sage-femme prend en main la pauvre loque paniquée que je suis. Elle a été très friendly "Paniquez pas, on va voir ce qu'il se passe là-dedans mais d'abord pesez-vous" Mon "Vous êtes sûre???" tiré
de ma célèbre technique d'intimidation passive n'a eu aucun effet sur celle qui met au monde des chiards comme moi je bois un coca light. Fallait se lever tôt pour l'intimider... Bon. J'ai pas
chialé quand j'ai lu le poids affiché, ni quand elle a dit "Ah bah on se laisse pas abattre, hein?". Pas chialé non plus quand elle a posé des capteurs sur mon gros bide et que c'est là justement
que mon fils a trouvé opportun de se manifester. "Tu me le paieras" me disais-je sous cape. Par contre, quand le test visant à mettre en évdience la présence de liquide amniotique s'est révélé
négatif et que la sage-femme a suggéré que ça pouvait être une fuite urinaire, j'ai commencé à me sentir comme qui dirait honteuse. Encore un peu plus honteuse quand elle s'est emparé de mon
futal pour sniffer l'entre-jambe, encore un peu plus quand elle me l'a tendu "Ah oui, sentez... c'est très net, c'est de l'urine". Encore un peu plus quand une nouvelle sage-femme est entrée et
que la première a dit " C'est bon Martine, remballe l'écho, c'est juste une fuite urinaire" et encore plus quand la deuxième s'est retournée pour hurler dans le couloir à l'adresse d'une probable
troisième "J'te l'avais dit, Josette, on remballe l'écho, c'était une fuite urinaire!!!" "Une quoi????" "C'est bon, elle accouche pas la ptite dame c'était une fuite URINAIRE".
Bon. Vous imaginez bien que j'ai pas fait de vieux os à la maternité et que je suis rentrée dare-dare me planquer chez moi.
Le lendemain, c'est-à-dire hier, toute contente que j'étais de passer la journée à Paris fêter pour les 90 ans de mon grand-père, j'avais voulu me faire jolie et vas-y que j'te sors mon kit n° 12: jupe courte et talons de 10 cm (la conne, en plus j'étais passablement ridicule). J'pouvais décemment pas passer par chez moi sans m'enfiler une quantité déraisonnable de california maki. J'étais pleine comme une outre quand nous sommes sorti du jap' Christophe, ma soeur et moi. J'étais en train de raconter à ma soeur l'épisode maternité quand je ne sais comment, je me suis tordue la cheville, brassant l'air dans l'espoir de rester sur mes pattes avant de m'écrouler comme une chiffe sur le bitume. Vous avez déjà vu un éléphant en talons aiguilles se croûter? Même Christophe s'est fendu la pêche et à la réflexion je ne lui en tiens pas rigueur... J'étais donc là à genoux sur le bitume à pleurer comme une petite fille vexée, les collants ayant explosés à divers endroits et les genoux brûlés. Teuhon du samedi: première prise. Je me relève cahin-caha, supportée par un Christophe qui a du mal à cacher son hilarité et plus il se marre, plus je chiale. Ma soeur est visiblement contrite et part m'acheter une nouvelle paire de collants "Tu fais quelle taille?", je réponds taille 4 avant de m'effondrer de plus belle. Après m'être plainte un laps de temps suffisant, nous nous rendons Porte Dorée où devait se dérouler l'anniv' du grand-père. Je sentais une certaine nervosité chez mon cher et tendre, bien normale, c'était la première fois qu'il rencontrait la tribu Masliah au grand complet. Dans le lot: ya ceux qu'on voit souvent (pour Shabbat, Pessah ou Yom Kippour) ya ceux qu'on voit moins souvent comme le cousin fraîchement débarqué de Miami avec la fiancée qui va bien (Miami a dû être cité au bas mot 158 fois en une heure trente), ceux qu'on a pas vus depuis dix ans mais qu'on est vachement contents de revoir, c'est l'extended family "Putain la dernière fois que je t'ai vu t'étais marmot, maintenant t'es une vraie personne!" et ceux dont on a aucune idée de qui ils sont et à qui on sourit poliment dans l'espoir de ne pas avoir à les nommer et ceux qu'on ne peut tout bonnement pas nommer du tout comme le frère de la fiancée Missiva "Jugjurba? Jojoba? Jurjurbo?". Bref c'était du lourd pour mon chéri, moi qui pensais qu'il allait faire le sale comme à son habitude (on parle bien d'un mec pour qui le top de l'éclate est de faire chialer les jeunes épouses aux mariages et de balancer les sachets de thé usagés dans l'espoir qu'ils collent aux fenêtres) il a été exemplaire. On arrive donc, dans les premiers ça c'est pas génial, ma soeur et moi totalement absorbées dans l'entreprise de situer tout le monde. On nous fait asseoir et ça commence "T'as vu comme elle ressemble à son père..." ce qui est toujours délicat quand le père en question est décédé parce que ça fait toujours pleurer quelqu'un, mon grand-père la plupart du temps. Mon grand-père donc, aux côtés de son beauf, nous jauge tous les trois. "T'as vu Morgane comme elle a changé..." le beauf "Ouais" "T'as vu le mari de Ludivine comme il est fort..." le beauf: "Ouais" "T'as vu Ludivine comme elle est toujours aussi belle..." le beauf'" Ouais, enfin... elle était quand même plus belle avant". Pendant quelques secondes je n'entends plus rien si ce n'est le "M'enfin... elle est enceinte!!!" outré de ma tante. Je suis écarlate, à deux doigts de me jeter en travers de la table qui nous sépare pour lui arracher les yeux. Là, ya une grosse tension dans la pièce. Je ne cligne plus des yeux sous peine de refondre en larmes tellement il m'a mit la honte le bâtard. Quand je commence à réentendre ce qui se dit, voilà ce qui chatouille mes oreilles. Le beauf en parlant de Christophe "Nan mais il a quand même fait une belle affaire gnagnagna gnagnagna..." Je m'insurge "Chuis pas un putain de cheval, chuis pas une affaire, vous vous prenez pour qui?" ou un truc comme ça. Le beauf un peu gêné qu'on ose lui parler comme ça "Non mais le prenez pas mal, vous êtes jolie gnagnagna". Bref ya pas à dire la réunion de famille commençait bien. Christophe était écarlate et ma soeur devait muettement prier pour que je ferme ma gueule. Ca s'est détendu par la suite quand on a fait péter le champagne des retrouvailles, mon grand-père après trois coupes est tombé de sa chaise et une fois la peur passée, j'étais ravie de ne pas être la seule à me la jouer Pierre Richard. Yen a que j'étais vraiment très contente de revoir, comme la cousine de mon père qui est simplement hilarante, mes cousins à moi etc.. On s'est juré de garder le contact et t'es la bienvenue en Guapeloupe ou en Martinique ou où que ce soit dans le monde. J'avais bien dans l'idée de faire les poches du goujat avant de partir discrétos mais j'ai eu peur que tout le monde accuse Christophe-le-non-juif qui s'était passablement bourré la gueule pour éviter de se marrer trop franchement. Bref, quand on écrit des conneries abjectes, ça finit toujours par te retomber sur le museau.
Et bon dimanche...
recommander commentaires (13) ajouter un commentaire










Dans l'épisode précédent: "Suite à des pressions de la part du gouvernement français, nous avons dû nous
défaire du corps de Marine Le Pen et ça tombait bien... L'équipe se réservant le droit de revenir sur ses choix de casting, faut dire aussi qu'on l'avait laissée un chouille trop longtemps au
soleil avec Kevin notre coursier, nous avions d'ores et déjà décidé de nous séparer de cette candidate toutefois très sympathique. Tout se jouera donc entre Yi notre septicémie chinoise, Felipe
notre rupture d'anévrisme mexicaine et Timmy dont, vous le verrez, les causes de la mort restent floues.[...]
Très chers téléspectateurs, l'émission se barre en couilles, voyez plutôt:
Dans l'épisode précédent... "nous sélectionnons quatre candidats venus des quatres coins du monde, leur âge, leur sexe, leurs orientations politiques et sexuelle... même leur penchant réligieux diffèrent!!! Ils
n'ont qu'une seule chose en commun: ils sont morts !!! Ils étaient moches, cons et gras de leur vivant, EMO6FU leur rendra justice dans l'au-delà ! Parce que qui mieux que notre
seigneur mérite qu'on lui fasse bonne impression??? Grâce à notre équipe d'experts en évènementiel, en thanatopraxie, en mode, en maquillage et en estime de soi, les participants bénéficieront
d'un relooking complet que vous découvrirez le jour des funérailles. C'est vous et notre grand jury qui décidez, à la fin il n'en restera plus qu'un. Le grand gagnant remportera une bourse de 100
000 dollars, la prise en charge complète des obsèques ainsi que la jouissance d'un corbillard CADILLAC-DUPERIOR LANDAULET HEARSE 1951 d'une valeur de 6630 dollars." Hier, vous avez déjà fait
connaissance avec Felipe et le petit Timmy, déjà on voit se profiler une certaine compétition au sein des participants.
Au risque de m'attirer les foudres de mes congénères, j'le dis tout net: si on m'avait donné le choix,
j'aurais préféré être un mec. C'est à dire que je leur envie pas mal de trucs. Prenons l'amitié comme unique exemple. Quand je vois, comme hier soir, mon mec et son "dude" ensemble, je ressens la
main froide de la jalousie s'emparer de mon p'tit coeur de fille. Explications: Ya cet amour tout pétri de virilité (quand ils se regardent faire des crèpes, à qui de couper la saucisse de
Morteau, à qui de faire péter la crème fraîche), cette tendre complicité qui serait capable de traverser des siècles (quand ils s'appellent mutuellement pourri, gros lard ou vomissant), ses
oeillades entendues quand ils jaugent une nana "Oooouh, t'as vu ça pourri, sacré sardine!" "Ah j'avoue, beau morceau, j'lui pèterai bien la pastille". Cette pudeur quand un truc les émeut et
qu'ils se mettent de grandes tapes dans le dos alors qu'ils ont juste envie de fondre dans les bras l'un de l'autre. Bref ya cette espèce de force tranquille dans l'amitié masculine, un truc tu
te dis ces deux-là c'est à la vie à la mort: "Tu te souviens de la fois où on a fait pleurer la mariée???". Alors qu'entre filles on en voit s'étriper pour une nuance de blush, les mecs
paraissent bien loin de ces basses questions matérielles. Moi qui suis une fille, voyez, moi qui ne suis pas particulièrement le modèle d'exposition de la nana dans une vitrine Jennifer, bah j'ai
quoi... deux amies et aucune copine. C'est pas faute d'avoir essayé de m'en faire, j'ai dû garder espoir jusqu'en 1998... après j'ai laissé tomber. J'ai fini par me rendre compte que passé la
puberté, la fille est un danger pour la fille. C'est peut-être moi mais les copines que j'avais ne le restait que le temps de me piquer l'intégralité de ma garde-robe et souvent aussi mon mec,
dans la foulée, avant d'aller colporter dans mon dos les rumeurs les plus abracadabrantes "Je déconne pas, cette fille mange des coeurs de foetus au p'tit dèj" tout ça parce que j'avais tendance
à m'habiller en noir et à lire Sylvia Plath. Ahem... Allez pas croire que je reste amère de cette époque, je suis juste complètement consternée et surtout méfiante vis-à-vis de la tribu des
Barbies. Donc, pour qu'une fille éveille un tant soit peu mon intérêt, il faut qu'elle réunisse plusieurs critères: faut qu'elle soit un peu sale et surtout qu'elle l'assume (j'aime la fille qui
rote après avoir bu direct à la bouteille de viski, j'aime pas la fille qui essuie le gouleau avec les lèvres un peu pincées dans cette attitude dégoûtée tellement propre aux pimbêches, avant de
boire une timide gorgée avec laquelle neuf fois sur dix elle s'étrangle). Faut qu'elle soit drôle et cultivée (j'aime la fille qui aime à la fois Bill Bailey et Oscar Wilde, j'aime pas la fille
qui croit que Knut Hansum est une marque de shampooing anti-pelliculaire et Kofi Annan une marque de café équitable). Faut qu'elle soit téméraire (j'aime la fille qui se tatoue avec un moteur de
walkman un soir de beuverie, j'aime pas celle pour qui le comble de la roublardise est de sortir en boîte sans son gloss). Faut qu'elle soit nature (j'aime la fille qui pue de la gueule le matin
même que tu te mets à chercher si ya pas des fois un coyote mort dans les parages, j'aime pas celle qui se fait un brushing avant même d'aller pisser). Je sais, ça fait beaucoup de critères... et
bien peu d'élues.

Zendizkoualégens?