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On a la vie qu'on mérite







Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /2009 09:19
Lecteur,
Comme tu le sais, j’habite dans une petite ville de province. Et dans cette petite ville de province, le weekend, ya pas grand-chose d’autre à faire qu’un billard au Pool ou un karaoké au Paris-Plage… De la merde, autant dire. Je te rassure, on a quand même un cinoche mais si tu veux voir des trucs autres que toutes les grosses productions hollywoodiennes, tu vas être déçu parce qu’il n’y a pas…
Ils ont joué Into the Wild, à peu près deux mois après sa sortie officielle, quand y’avait aucune comédie mièvre ou film catastrophe à passer, et en français… Moi qui voulais vraiment voir Antichrist de l‘inénarrable Lars Von Trier, je savais que je pouvais me brosser…
C’est pour ça que je ne t’en parle que maintenant, d’Antichrist, parce que je ne l’ai vu qu’hier soir, et que, peu me chaut, si tu veux de la vraie actu, t’as qu’à aller , ou , ils le font de toute façon bien mieux que moi. Bon. Je disais donc que j’avais vachement envie de voir Antichrist et j’aurais pu le voir plus tôt (grâce à un truc qui commence par down et qui fini par loads, dont je suis très très friande) mais un nouveau problème s’opposait au visionnage du-dit produit cinématographique dans des temps respectables.
Pute voulait le voir aussi et : 1) Il ne comprend pas l’anglais. 2) Il aime pas avoir des trucs à lire, ça le perturbe, donc fallait que je trouve le film en français et pas comme je l’aurais souhaité, en vostfr. Oui, j’en ai bien, des malheurs. Quelle ne fut donc pas ma surprise hier, quand je suis tombée sur un torrent french dvdrip. Pour ceux qui ne l’ont pas vu: ATTENTION JE VAIS EN RACONTER¨PAS MAL, SPOILER, comme on dit. En même temps je me dit que si t’avais voulu le voir, tu l’aurais vu depuis belle lurette.
Alors c’est l’histoire d’un couple (Charlotte Gainsbourg/ William Defoe) dans l’état de Washington dont le petit garçon meure comme une merde écrasée dans la neige avec son nounours parce que ses parents étaient en train de baiser comme des brutes et qu’ils étaient donc trop occupés pour remarquer leur bambin sur le rebord de la fenêtre ouverte sur une nuit enneigée et que le gamin, qui voulait montrer la neige à nounours, il a fini par faire ziiiip et il s‘est viandé quelques étages plus bas. Cette phrase est bien trop longue… ça c’est le prologue…
Alors bien sûr, Charlotte pète un câble et son thérapeute de mari, William, il se met en tête que c’est pas en prenant des p’tites pilules que ça va s’arranger, que le deuil il faut l’affronter et que donc c’est lui qui va l’aider à s’en sortir. Alors, Lars Von Trier, il est toujours très fort pour te faire des plans sur l’eau glauque des fleurs dans un vase où ya plein de cochonneries en suspens pour te dire que le deuil: c’est toute la douleur et les toutes les choses et les idées en suspens et que c’est vachement angoissant…
Bon.
Après des discussions interminables sur la « faute », la « culpabilité » où pendant ce temps il explique à sa femme que ça va pas être coton et qu’elle va morfler (soit dit en passant, on dirait bien qu’il n’est lui-même que très peu concerné par la mort du môme) et qu’après la douleur « morale » y’aura la douleur « physique » avec tout son attirail de crises d’angoisses en tout genre, ils décident d’élaborer ensemble la pyramide de la peur pour pouvoir nommer la peur, et qu’elle fasse alors moins peur, la peur. Toi aussi tu trouves que c’est rien que de la psycho de comptoir? Finalement, Charlotte crache le morceau et dit que c’est Eden qui lui fait peur. Eden, c’est une cabane à eux en pleine forêt qu’elle est angoissante et que Lars il a bien pigé que c’est en fait l’inconscient et que donc le message c’est j’irai pas dormir dans sa caboche, à Charlotte. Oui, c’est un film à message.
Faut souligner que l’été précédent, elle y était seule avec son fils pour finir sa thèse sur les Gynocides (toutes les tortures infligées aux femmes au fil des siècles par les hommes qui croyaient que c’étaient des êtres malins) mais qu’elle l’a jamais fini, sa thèse… Ils décident d’aller à Eden pour affronter la peur. S’ensuit plein de plans dans la forêt très angoissante et même que tu te dis que c’est beau comme un clip de Nick Cave et il se passe tout de suite des trucs bizarres comme William Defoe qui se réveille le matin avec une main pleine de tiques, va savoir pourquoi et comment il a mis sa main à la fenêtre alors qu’il dormait du sommeil du thérapeute juste.
Une autre fois, il se balade dans la forêt angoissante et il tombe sur une biche.
Pendant cette scène, j’avais vachement envie que William dise à la biche « Tu feras gaffe, t’as un faon mort qui te sort du cul » mais il dit rien, il est juste estomaqué par la cruelle beauté de la nature qui n’est autre que la cervelle psychotique de son aimée. La nature, c’est malin, la nature, c’est la malignité de la femme qu’est le mal personnifié. Oui, ce film c’est un peu un huit-clos entre le bien et le mal…
Charlotte, elle a très peur, et quand elle a peur comme ça, elle saute tout de suite au paf de son thérapeute de mari qui dit non, on couche pas avec son thérapeute. Pute s’est senti obligé d’intervenir: « Un bon coup dans la motte, ça va la calmer, gros connard égotique! » Parfois, il la baise quand même, quand il ne voit pas un renard en train de se dévorer lui-même qui lui proclame « C’est le chaos »
Mais quand il la baise pas, Charlotte elle s’énerve. Parfois, elle s’excise avec une paire de ciseaux et parfois elle lui envoie une bûche sur les parties et quand William se réveille, il a une meuleuse dans le tibia gauche. Tout ça est bien sûr visuellement à gerber, parce qu’on ne t’épargne aucun détail.
Il faut souligner que William a découvert la thèse de sa femme au grenier de la cabane angoissante de la forêt angoissante, avec des photos du moutard et des illustrations qui font froid dans le dos. Sur les photos, il se rend compte que sa femme, elle mettait tout le temps au môme la chaussure gauche au pied droit et inversement, ce qui explique pourquoi les légistes ont dit que les pieds du môme étaient très déformés. Ce qui explique pourquoi il se doute bien que la nature de femme est foutrement détraquée.
Donc, William se réveille avec comme une grosse douleur dans la jambe gauche, normal avec une meuleuse, me diras-tu. Et il se casse, il part se cacher dans un terrier pendant que sa femme s’époumone «  Où est-ce que t’es connard??? » Dans le terrier, ya un corbeau (le dernier de trois mendiants biche/renard/corbeau, une constellation maléfique… de que j’ai compris) et William essaie de le buter avec une pierre parce qu’à coasser comme ça, il ameute la cinglée aux alentour du terrier. Charlotte le découvre et le tatane à coups de pelle. On croit, là, que William est mort enterré vivant, mais que nenni, c’est solide, un thérapeute.
Charlotte l’aide à rentrer à la cabane et William l’étrangle. Lars pousse la crédibilité jusqu’à lui mettre plein de pétéchis dans les yeux exorbités. On apprend alors que sa femme est très très maléfique parce qu’elle avait vu son fils monter sur le rebord de la fenêtre ce soir-là. On la voit regarder les trois soldats (du diable, de l’apocalypse?) tomber par terre quand le petit est monté sur la table. On la voit prendre son pied quand son fils tombe du rebord.
Pute, Charlotte, PUUUUUTE !!!

Les femmes ne sont-elles pas des êtres dégueulasses?


Merci, Lars.
Par Vieux Félin - Publié dans : La meilleure facon de marcher - Recommander
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Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /2009 11:40
Lecteur,


Si tu veux mon avis, c’est pas parce que t’es enceinte jusqu’au cou que t’as laissé ton attirail libido au placard, alors ce sera pas la peine de prendre ce petit air choqué quand tu vas lire la suite…
Hier, ma maîîîîlleure côôôpine m’a informé d’un truc incroyable, un truc hallucinant, le buzz des buzzs du jour et je m’en vais te faire passer cette info toute capitale et hautement captivante.


Dans l’Eure, t’as qu’un seul Sex Shop.



Je veux dire, dans l’entièreté du département, y’en a qu’un. A Gisors, en plus…
C’est pas dingue, ça?



Alors tu te doutes bien que lorsqu’elle m’a dit qu’elle avait une affaire de la plus haute importance à traiter là-bas, je me suis incrusté dans le trip comme une brute. Ma copine, elle fait des trucs en cuir qui font sex et qui font médiévaux, je l’adore, ma copine. Son boulot, c’est de te fabriquer des menottes et des colliers à clous et des bustier-ouh-la-la et des string en peau de lapin et des étuis à cornemuse et tout un tas de trucs pour faire genre t’es un gros viking bien poilu, bien couillu. Et ça marche du feu de Dieu. En plus elle est hot comme un petit pain ce qui, tu en conviendras, ne gâche rien. Bon.
Nous voilà donc parties en goguette avec son fidèle Express et après avoir moultement galéré avec le GPS, nous sommes enfin arrivées dans cette enclave du consumérisme sexuel.
Le premier mot qui me vient à l’esprit pour décrire le lieu n’est pas « chaud-bouillant », c’est plutôt « chiche ». Moi qui m’attendais à l’opulence que réclame le titre de seul Sex Shop de l’Eure, bien déçue je fus… Seul derrière son comptoir, un homme taillé comme un stylo et à l’air un peu homosexuel. Preuve en est, y’avait un max de choix rayon plug annal.
« - Vous avez des Tongue Joy?
   - C’est quoi?
   - Un vibrateur pour langue…
   - Non, je n’en ai plus… ça tourne énormément.
   - Ok….
   - Vous avez des canards sadomasochistes?
   - Non, rupture, ça tourne énormément ! Sinon, ce qui tourne aussi énormément, c’est l’aphrodisiaque en bouteille… avec ça vous partez direct. C’est aux plantes et c’est mieux que les gels pour le clitoris qui tournent énormément et qu’on est en rupture aussi. Mais l’aphrodisiaque… ça, ça tourne énormément!
   - Y’a de l’alcool dedans?
   - J’en sais rien…
   - Bah regardez la composition.
   - Je peux pas, on est en rupture aussi, ça tourne énormément, y’a des mecs ils prennent cinq/six bouteilles par semaine pour leur femme!
  - Et elles aiment?
  - Je sais pas, la plupart du temps, ils disent pas qu’ils leur font boire…
  - C’est pas sympa…
  - Bah vous savez, si elles savaient elles voudraient rien faire! (Vous aussi ça vous rappelle le discours qu’un violeur GHB pourrait tenir?)
  - Z’ont qu’à changer de femme… »

Je continue ma prospection des étagères et avec ma copine, on remarque des trucs sympas comme des éponges vibrantes pour le bain, des genres de bouches d’Alien qui sont censées te rappeler un cunnilingus, des Nipple Sucker Vivian Schmitt et d’un coup, je remarque un truc complètement hallucinant avec une pompe.

  « - Diable, donc, qu’est-ce que c’est que cette merde?
     - Alors ça, ça tourne énormément ! Alors vous voyez cette bouche? Vous la collez à vos p’tites lèvres et vous pratiquez un vide avec la pompe, ça fait gonfler votre clitoris. Ensuite vous actionnez le bâtonnet vibrateur et vous partez dans les étoiles qui tournent énormément.
     - Je le prends? (à l’adresse de ma copine)
     - Bah ouais, ça a l’air de tourner énormément!
     - Ok je le prends, vendu! »

Ainsi donc, dans mon panier: La bouche à pompe, des Nipple Sucker Vivian Schmitt et un jeu de cartes avec des mecs à poil dessus pour faire dans l’extrêmement original.
Je ne suis d’ailleurs pas la seule à être repartie avec des Nipple Sucker…
Après que ma copine ait réussi à placer ses bustiers, ses martinets et ses menottes, on est reparties d‘où on venait.

Une fois Pute rentré, je lui ai montré mes trouvailles avec des étoiles dans les yeux et une grosse envie de passer aux choses sérieuses.
Bon, il ne m’a pas écouté quand je lui ai dit qu’il n’était pas prudent de se coller un Nipple à la couille gauche… Il a eu très très mal, le pauvre… je te raconte pas tout de suite la puissance de l’appel d’air…
Quant à la bouche, c’était vraiment de la merde en barre, le truc s’est cassé avant même qu’on l’essaie. M’est avis que Foutriquet de Gisors va entendre parler de moi sous peu.
Déçus mais courageux, nous ne nous sommes pas laissés abattre. J’avais diablement envie d’essayer les Nipple Sucker. Je m’en mets un et au secours la douleur de truand!
Pire qu’un tire-lait quand t’as des gerçures aux tétons… Une horreur, un truc qui te fait hurler dans les grands aigus.
«  - Putain, enlève-moi ça! Enlève-moi ça !
    - Arrête de bouger j’y arrive pas!
    - Christophe dépêche la putain de ta race !
    - Attends…
    - Aïïïïïeuuuuuuuh, tire pas dessus !!!
    - Si attends ça vient ! »
Et bon, s’est venu, pas comme je le voulais hein, ce qui est venu aussi… c’est une bonne giclée de lait dans l’œil de ma moitié. Pour te dire la violence du truc… En général, le lait, ça vient plus quand t’as accouché, pas quand t’es à peine entrée dans ton troisième trimestre.
« - Ah dégueu! Qu’est-ce que c’est?
   - C’est du colostrum.
   - Aaaaah tu veux dire le truc dégueu qu’a chié Lazare quand il est né???
   - Nan ça c’est du méconium…. Du colostrum, du lait… andouille !
   - Tu m’as giclé dans l’œil, pute….
   - Pour une fois! »


Bon, tout ça pour dire que bien sûr, c’est pas hier soir qu’on s’est mélangés… fut-ce la honte, fut-ce la rage d’avoir foutu 56€ en l’air.
Je suis entièrement pour les Sex Toys et les Sex Shop, tu le sais déjà, mais je ne peux que vivement te déconseiller celui-ci.

Service.

Par Vieux Félin - Publié dans : Les Pathétiques - Recommander
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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /2009 14:09
Lecteur,


Je sais pas si t’es au fait des traditions juives mais en ce moment, c’est Yom Kippour. Qu’est-ce donc que ce drôle de mot, me demanderas-tu, toi qui est resté sourd et aveugle à la Vérité si je mens, Comme t’y es belle, Rabbi Jacob et autres fleurons de l’humour juif, ahem… Yom kippour (jour de l‘expiation), ou Grand Pardon, est l’une (sinon la) plus importante des fêtes juives ou t’es censé jeûner 25h (ça ne dispense pas les femmes enceintes, hein) et où t’es censé réfléchir à qui tu as blessé, qui t’a blessé et comment refoutre un peu paix dans le dedans de ton cœur tout pétri de mécréantise. Je ne vais pas t’abreuver de nos dogmes bizarres et de nos expressions imprononçables et vais aller droit au but de Kippour: demander pardon, pardonner, expier et se mortifier l’âme, tout ça, sans se brosser les dents.
T’as vu comme ça a l’air sympa?
Bon, moi qui suis pas très juivée, je ne fais que très très très rarement Kippour dans les règles de l’art. Pour être honnête, j’ai du le faire une fois sérieusement, avec passage à la synagogue et tout et tout… Je me rappelle toutefois avoir honteusement triché niveau clope… Mais laisse-moi te dire qu’après 25h de jeûne, des heures dans une synagogue surchauffée et bondée où tout le monde est cracra, quand vient l’heure pour toute la smala de se réfugier sous le talith du chef de famille, t’as juste envie de tomber dans les pommes. Ça te donne pas vraiment un goût de rev’nez-y
Pour te donner une idée du truc, de façon très pratique: tu passes 25h sans: te laver, te maquiller, te brosser les dents, lire, manger, boire, fumer, sexer, te masturber, regarder la télé, checker tes emails, bloguer, travailler… le plus simple étant de te dire ce que tu peux faire, ce que tu dois même absolument faire: prier et méditer sur ta pauvre petite existence impie, égoïste et crapuleuse. Ce serait l’enfer sur terre si je suivais ça, à 14h30, tu me retrouverais suicidée au javel dose. Le fait est que je ne peux tenir qu'une heure et demi sans coca light ...
Dans mon Kippour à moi, appelons-le Le-Kippour-Light-de-Vieux-Félin, la seule interdiction maintenue est celle de travailler. Aujourd’hui, donc, je ne bosse pas, je mets mon téléphone en veille, je suis aux abonnés absents. Et j’adore, bien sûr.
Ajoutons-en une, si tu le veux bien Lecteur. Aujourd’hui, je n’engueulerai personne et je pardonnerai… Si t’as une annonce à me faire, profites-en, ça n’arrive qu’une fois par an.
Aujourd’hui donc, je pardonne.
Je pardonne à ma fille de prendre ma vessie pour un trampoline.
Je pardonne à mon fils d’être lui-même (ça parait violent dit comme ça, mais je ne vois pas comment le formuler autrement)
Je pardonne à ma p’tite pute de m’appeler Marcel depuis que je me suis vue contrainte d’acheter une salopette spéciale gros bide.
Je pardonne à ma belle-mère de me faire tourner en bourrique 365 jours par an.
Je pardonne aux gens qui m’envoient chier quand je les appelle.
Je pardonne à Free pour être mon ennemi n°1.
Je pardonne au vigile de chez Monop de me suivre à la trace, comme si j’allais voler l’intégralité du magasin.
Je pardonne à la CAF qui est en retard sur mes remboursements de libre choix de mode de garde.
Je pardonne à ma banque de me prendre autant d’argent.
Je pardonne à Dieu.
Je me pardonne à moi, pour toutes mes névroses et ma mauvaise foi.
Et je t’enjoins, Lecteur, à en faire de même, de ton côté, que tu sois juivy ou pas. On a tellement de choses à haïr qu’une petite trêve de temps en temps, ça fait du bien par où ça passe.


Va en paix, Lecteur.
Par Vieux Félin - Publié dans : La meilleure facon de marcher - Recommander
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