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Je ne suis pas un numérooo !!!

Vous êtes le ème pelé à glander ici, félicitations...

Gadget by LabPixies.com
Mercredi 14 mai 2008

 

 

A huit ans, l'âge où "après Barbie, le déluge" j'adorais jouer à Barbie est une fille-mère. Viens voir que je t'explique à quel point j'étais déjà dérangée à l'époque. Bon yavait Barbie, le bébé de Barbie et la baby-sitter adolescente du bébé de Barbie. Imaginer Barbie qui confie son bébé à Cindy-sitter pendant qu'elle va faire du shopping dans sa décapotable comme si ça pouvait décoiffer Ken était trop profondément chiant pour que je daigne y accorder ne serait-ce que cinq minutes d'intérêt. Nan, déjà à l'époque je faisais plus dans le drame social que dans la comédie musicale. Dans le rôle de Barbie: l'assistante sociale. Dans le rôle de Cindy-sitter: la mère de quatorze ans et dans le rôle du bébé, Gus, notre teckel nain à poils durs (paix à son âme, so long, lil'budy). Ma grande-tante ne pouvait pas me blairer, elle disait "Cette petite est vicieuse", Dieu soit loué, elle ne m'a jamais vue jouer. Dieu soit encore plus loué, elle ne lit pas mon blog. Chais même pas si elle voit encore...

Synopsis: Marie-Margaret (allez savoir où j'allais pécher ce genre de blase... l'Emmerdeuse je t'entends penser...tu sors...) est une jeune fille de quatorze ans qui a dû vendre son corps un soir de bal du quatorze juillet à la caserne des Pompiers de Neufchâtel parce que la pauvre s'est fait mettre à la porte de chez elle. (ahem) Bah, bordée d'nouilles comme elle est, paf, un polichinelle dans le tirroir... Marie-Margaret ne sait pas qu'elle est enceinte parce qu'elle n'a eu ses règles qu'une fois et que bof, elle était même pas sûre. Au bout de cinq mois, force est de constater pour Marie-Margaret que c'est pas avec c'qu'elle bouffe qu'elle peut se taper un ventre pareil, elle a l'nez creux mine de rien... Elle se réfugie donc dans un centre d'aide aux mineurs en difficulté (pas sûre que ça existe) et y rencontre Barbie l'assistante sociale. Barbie est super sympa, elle lui fait genre "Tranquille, je vais m'occuper de toi et de ton bébé, tu vas pouvoir reprendre tes cours et devenir la personne que tu rêves d'être, tu pourras être ce que tu veux"

Marie-Margaret est perplexe: "Tout ce que je veux? Même présidente de la République?"

Barbie dit "Non tu te touches chérie, fonctionnaire ce serait déjà énorme". Notre jeune fille de quatorze ans ne sait pas ce que veut dire fonctionnaire mais comme ya fonction dedans, elle décide que c'est bien parce que, brave fille, c'est toujours chouette d'être utile. Mais voilà, hormis Marie-Margaret, tout le monde sait que Barbie n'est qu'une râclure de la pire espèce.

Une râclure de la pire espèce dont les ovaires sont secs comme le Sahel et qui n'en veut qu'à son utérus gravide. Elle lui fait miroiter collège et contrôles mais la laisse plus souvent qu'à son tour récurer les chiottes à quatre pattes sur le carrelage de son HLM de banlieue (déjà, à l'époque, Barbie souffrait de la baisse du pouvoir d'achat) tout ça pour s'emparer du môme une fois né. Bon je fais vite parce que je digresse, je digresse mais c'est pas là où je veux en venir. Donc bon, au bout d'un moment faut pas prendre Marie-Margaret pour une conne finie, elle se rend bien compte que Barbie lui veut du mal quand cette dernière lui colle un flingue sur la tempe façon "les bourses ou la vie" (ouais c'est un garçon). C'est là que Marie-Margaret se réveille devant son contrôle sur les fractions (j'avais huit ans, pas quatorze, les équations ou les identités remarquables, j'en avais jamais entendu parler). Béni sois-tu Eternel, ce n'était qu'un cauchemar. C'est alors qu'un doute affreux assaille le cerveau embrumé de Marie-Margaret. Elle repense à la nuit dernière avec le prof de math, raison de sa fatigue, et se demande si, comme lui a dit sa copine, faire un bébé c'est simple le mec il met sa graine dans la bouche de la fille et si elle avale, ça fait un bébé. Pas de doute pour Marie-Margaret, elle est vraiment enceinte. Elle sera vraiment fille-mère. Voilà à quoi je jouais quand j'étais gamine. J'ai toujours aimé (me) raconter des histoires, et quand elles sont glauques, c'est encore mieux.

Donc voilà, j'ai 26 ans, on ne peut pas dire que je sois fille-mère. Quoique, saches lecteur, que j'ai arrêté mes études à trois mois du bac et donc que je ne l'ai pas, mon bac..

Saches lecteur que, petite naïve que je suis, j'ai pensé que ma grossesse était l'occas' rêvée pour les reprendre par correspondance. Donc voilà, DAEU, quatre lettres qui veulent dire diplôme d'accès aux études supérieures, quatre lettres qui veulent dire que j'ai plutôt intérêt à me bouger le cul si je veux être prête pour les 26, 27 et 28 mai prochains, jours de mes examens, alors qu'on ne peut pas dire que j'ai foutu grand chose jusqu'à présent. Quatre lettres pour dire que je dois me taper Si c'est un homme, Perceval et je sais même plus quel truc de Diderot, en quinze jours. J'adorais me raconter des histoires, là je vais être servie avec la révision du Monde de 1945 à nos jours, et pis j'ai plutôt intérêt à revoir l'anglais. 15 jours, le f'ra-t'y, le f'ra t'y pas? Mystère...

Je ne sais plus qui disait que la vie finissait toujours par nous offrir ce dont on rêve... Pute borgne... Je suis irresponsable, j'ai un fils et je passe mon bac dans 15 jours...

Remarquez, il est quand même plus joli qu'un teckel...

On sait pas si il pose pour statue de Bonaparte ou s'il menace de me casser la gueule si j'arrête pas fissa de lui flasher les pupilles. Bien le fils de sa mère c'ui-là...

par Vieux Félin publié dans : Les Terrifiants
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Mardi 13 mai 2008

Bon, il y a une nana que je connais. C'est la femme d'un mec avec qui j'ai fait tout mon primaire et mon collège, un mec bien et puis beau j'vous raconte même pas... Ce mec se trouve être un bon pote de ma moitié, mon petit poulet au miel un soir de Pessah, voire mon chapon de Noël... Vous situez? Ok. Pourquoi je vous parle de cette fille me direz-vous, bah parce que cette nana, Céline de son ptit nom, ne fait pas que forcer mon admiration, nan, une fois n'est pas coutûme, je suis jalouse... Viens voir que je t'explique.
Avec Céline, on était enceintes presque en même temps, mais déjà elle avait de l'avance. Ouais, elle est tombée enceinte un mois avant que je ne le sois et je dois vous dire honnêtement que malgré ce que je peux raconter parfois, que certes mon fils n'était pas attendu, le plus juste serait de dire qu'il n'était pas vraiment attendu par son père. Moi, par contre, j'étais comme qui dirait au taquet. De plus, son mec l'annonçait comme la venue du messie, le mien voyait plus l'affaire comme annoncer au monde l'arrivée d'une guerre mondiale nucléaire. Donc Céline: 1, Vieux félin :0. Premier avantage.

Est venue ensuite notre pendaison de crémaillère, j'y pense encore (me suis toujours pas fait à l'idée que j'ai quitté Paris voilà huit mois, pour me retrouver à Trou-du-Cul-les-Clématites) parce qu'elle arborait un ventre bien plus gros que le mien. Normal, vous me direz mais en plus de ça, le connard bourré de la soirée (yen a toujours un) a voulu embrasser son ventre avant le mien. Par pur soucis de forme, j'lui ai dit d'aller se faire vous savez quoi. Bon. On arrive donc à Céline: 150, Vieux Félin: 15 (Ouais, je m'octroie 15 points parce qu'il était vexé, le connard bourré). Bon, c'est pas fini. J'vous ai parlé de mon accouchement certes, mais je ne vous ai pas parlé de la façon dont je l'envisageais moi-pure-naïve-je rêve-d'accoucher-sur-un-lit-de-feuilles-de-coco-dans-la-mer-avec-un-dauphin-et-une-pieuvre. Plus sérieusement je voulais simplement reproduire le schéma maternel à savoir accoucher sans péridurale. D'une parce que mon mec se foutait trop de ma gueule façon "Oh! Au fait... Est-ce que tu sais courrir? Parce que l'accouchement, je le sens moyen, t'es pas vraiment la fillenforme et pis t'es douillette... ça n'arrange rien" je voulais lui montrer que je suis une femme indépendante et pleine de ressource (j'ai été serveuse, putain!) et putain de forte et du genre à croire que c'est pas parce que tu pues de la gueule qu'un Stimorol va y changer quelque chose. Naïve... De deux parce que je suis une femme pressée et que la péridurale... ça endort plus qu'autre chose et de trois parce que, c'est comme ça, j'ai toujours aimé me la péter genre. Bref, bienheureux les simples d'esprit, la porte des cieux leur appartient ou un truc comme ça. Pourquoi je vous bassine encore avec mon accouchement? Voilà pourquoi. Céline a accouché quinze jours avant moi. C'est pas tout. Céline a accouché quinze jours avant moi sans péridurale. C'est pas tout. Céline a accouché quinze jours avant moi sans péridurale d'un bébé que 4325g. Nan, lecteur...c'est pas tout. Céline a accouché quinze jours avant moi d'un bébé de 4325g sans se plaindre putain! Nan-nan lecteur, c'est pas tout il en reste une... Céline a accouché quinze jours avant moi d'un bébé de 4325g sans se plaindre alors qu'elle était en plein démenagement... Paies ta Warrior. Ouais... en Normandie, quand tu rends hommage à un truc ou à quelqu'un tu dis Paies ta... ou Paies ton...

Alors que moi, bon... vous connaissez l'histoire.

Je pensais avoir rattrapé un peu de mon retard avec la croissance fulgurante de Lazare mais loin s'en faut. A l'image de la mère de l'année, elle conduit son nouveau né, sa nouvelle maison et son ainé (nan, j'vous avais pas encore dit qu'elle avait déjà un fils, rhhaaaa!!!) d'une main de maître... Moi quand je conduis mon fils dans mon ancien quartier, toute fière que je suis de montrer mon grumeau à qui me connait, je roule sur les pieds des passantes et je manque de faire passer mon fils par dessus bord... Audiart disait "Conduire à Paris, c'est une question de vocabulaire"

J'suis jalouse des femmes comme elle. Je les aime pas, les femmes comme elle.

Mais putain je l'aime bien, Céline.

par Vieux Félin publié dans : Sois Conne et Fais un Môme
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Mardi 6 mai 2008
J'ai eu le malheur d'allumer ma télévision... et de la regarder. NRJ12, pour être précise et laissez-moi vous dire que les bras m'en tombent, les jambes m'en tombent, ma putain de mâchoire bouffe les poils de chats et les brins de beuh qui jonchent le tapis.

La télé-réalité, c'est exceptionnel comme genre de programme, c'est "la grande révolution du paysage audiovisuel des dix dernières années". Nan je ne déconne pas. Les années 90...La "série" s'essouffle, il faut trouver autre chose pour tenir en haleine la tripotée de boeufs qui suent sur leur canap' en s'empiffrant de Twinkies. Faut du réel, faut que le boeuf s'implique et bientôt...voici Big Brother qui pousse son premier cri, tout droit sorti des cuisses sanglantes de l'Amérique puritaine-mon-cul-sur-la-commode. Alors dans les classiques bah ya Big Brother justement, ya Cops, Bachelor, Beauty and the Geek, Project Runway, Fear Factor, Extreme Makeover j'en passe et des meilleures. On peut voir qu'il n'y a plus de barrières à ce que la dignité et le respect de soi peuvent endurer, tu peux désormais voir ton voisin se faire charcuter en direct, se faire arrêter en direct, se faire jeter en direct (j'avais oublié Next, faites pas ceux qui connaissent pas), se faire vomir en direct sous l'oeil complaisant d'Heïdi Klum. Tu peux voir ton voisin transpirer comme un porc pour perdre du poids dans The Biggest Loser. J'pensais avoir vu tout ce que la télé-réalité pouvait produire en miasmes, c'était sans compter sur Shannen Doherty.

Shannen Doherty, vous l'avez peut-être reconnue dans la Jenny de la Petite Maison dans la Prairie, si vous êtes de ma génération (femme des années 80) vous l'avez très très très sûrement adulée dans Beverly Hills et pour les plus jeunes, vous vous l'êtes fadée dans Charmed. Voilà, on pensait peut-être en avoir fini avec cette brune à deux cents mais non, Nôôôn, NON, pas de ça Lisette, comme dit ma chère maman. Ca se recycle les stars de soap, bah ouais, faut pas gâcher. Donc voilà, j'allume ma télé, tranquille Mimile, mon Ptit Chouips dormant du sommeil du juste à mes côtés. Je zappe parce que c'est bien connu, surtout chez les chômeurs, qu'il n'y a foutrement rien d'intéressant à onze heures du matin et je tombe sur ça. Que ceux qui ne me croient pas prennent une rrt pour voir: "Shannen Doherty, experte en rupture". J'vous sens tous avide de connaître le concept.

C'est, en gros, l'histoire de Shannen Doherty qui rompt pour toi avec ton ou ta jules. Donc voilà ce que je me dis, moi, fille absolument dans le pannel de boeufs concerné. T'es une américaine de base d'environ 25 ans. Adolescente, t'aurais bien réduit en bouillie le cerveau de Shannen Doherty dans l'espoir de te taper Dylan mais en même temps, Shannen-Miss-Epaulette-1992 est un peu ton modèle. Tu t'es peut-être dit dans ton ptit coeur "Wouah j'donnerai n'importe quoi pour cette frange..." T'es peut-être et même très certainement grosse avec des boutons façon bienvenue dans l'âge ingrat. Tu sais pas quoi faire de ton corps parce que tu le connais à peine. Tu veux être cool, tu rêves d'être la reine du bal de promo de ton bahut où tout le monde t'appelle "le rat" "le chacal" ou encore "la truie". Le soir, tu t'endors en priant Dieu qu'il te fasse belle et bien-bien foutue et populaire (T'as oublié intelligente, on te pardonne). Tu reluques tes copines de classe avec un air de massacre dans les yeux et jamais, jamais, jamais tu ne manques un épisode parce que c'est un peu ta vie à toi aussi. Les années passent, t'es une femme maintenant, tu as relégué tes vidéos de Beverly Hills aux oubliettes de tes souvenirs. Enfin presque, t'as toujours en mémoire que tu n'es pas et ne seras jamais Shannen Doherty. Tu t'assumes, t'es un peu belle et tu bosses certainement dans un Starbucks. Et puis surtout t'as un mec. Oh c'est pas Kenny Mc Machin-Chose le quaterback des Fired-Beavers mais bon tu l'aimes et surtout, surtout, c'est TON mec. Bah ouais, ma pauvre, t'es de la génération qu'on a élevé pour rendre gloire au Dieu Complexe donc t'es un peu dérangée dès que ton mec fait deux mètres sans toi.

On va dire que tu l'étouffes, ton mec, à effacer le moindre numéro de nana dans le répertoire de son mobile. On va dire qu'il ne peut plus te saquer, presque, à faire une crise dès qu'il part jouer à la Wii chez son pote. Shannen Doherty t'as enlevé dès l'adolescence le peu de confiance en toi que pouvait te laisser une société toute basée sur l'apparence et la performance? Dis-toi bien que Shannen Doherty n'en a pas fini avec toi.

Ouais ma grande, elle a pas fini de te bousiller la tronche.

On disait donc que ton mec te déteste passablement et veut te larguer .... et comme un bon américain de base qui se respecte (ou pas) il se dit que d'une pierre deux coups, pourquoi pas passer à la télé par la même occasion. Il passe le casting et ôh miracle, il est prit.

La prod te tend un piège et te fait passer une journée d'essai dans je ne sais quelle boîte d'écoute et soutien téléphonique. Là déjà t'es filmée alors que tu te cures le nez en expliquant à qui tu crois être Cindy de Milwaukee que "Non, c'est carrément pas normal que ton mec ne te laisses aucune liberté, largue-le et en vitesse" J'ai bien dit que tu crois que c'est Cindy de Milwaukee mais non, c'est cette pute borgne de Shannen Doherty et elle arrive et elle te dit:

" - Truc-Muche, tu viens de me dire de ne laisser personne m'enlever la liberté dont notre belle et grande nation nous laisse disposer... mais Truc-Muche, ne sais-tu pas que charité bien ordonnée commence par soi-même? C'est ton mec qui m'envoie, tu veux voir la cassette dans laquelle il te dit que tu peux aller te faire enculer ou je te le dis pour lui?

- Euhhh...

- On envoie la bande."

Le mec apparaît sur un écran 17 pouces que la prod a certainement prit à Pimp My Ride et dit: "Truc-Muche, t'es conne, j'ai même plus envie de te baiser, allez... salut"

Shannen Doherty embraye: "Je suis désolée pour toi Truc-Muche (d'un mouvement de tête que même en cent ans t'arriveras jamais à reproduire, elle écarte la frange brune de ses yeux trop bleus) mais ton mec ne veut plus de toi. A l'avenir, la prochaine fois que tu as un mec, tu te souviendras de ce moment et tu ne feras plus les même erreurs! Merci qui???"

Merci Shannen Doherty.

Tu pleures comme un veau, mais vraiment, t'as mal. Mais consoles-toi, grâce à notre belle Amérique, c'est ton idole de presque enfance, en vrai, en chair en os en cheveux, qui t'annonce une mauvaise nouvelle. Qui t'annonce que quoique tu fasses tu seras toujours... adolescente.

Merci Qui?

par Vieux Félin publié dans : Les Pathétiques
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Mercredi 30 avril 2008
Parfois je suis horrible, mais vraiment infâme. Pendant ma grossesse déjà, j'étais pas le modèle d'expo dans la vitrine de la gentillesse mais là, c'est pire. Ya deux semaines, j'ai eu 26 ans et depuis, je fais la gueule. Viens voir que j't'explique. Depuis le 15 avril dernier où, tellement horrible que j'étais, j'ai viré tout le monde de chez moi, y compris Christophe, avant la tarte aux fraises traditionnelle. Quand t'es horrible à ce point, ça te retombe toujours sur le coin du bec. Je me la joue Sa Majesté Tyrannique, c'est pas beau à voir. Mais vous en faites pas, tout se paie. Bah ouais, tu peux pas ouvrir tes cadeaux, bouffer une pizza et dire "Allez tout le monde dégage!!!" sans qu'il ne t'arrive une merde par la suite. Genre à la banque, par exemple. J't'explique: ça se voit à mille bornes que l'agence LCL de Vernon rassemble à peu près tout ce que le domaine financier compte en bras cassés mais pourtant c'est là que tu vas ouvrir ton compte, d'une parce que c'est la deuxième agence la plus proche de chez toi (La Caisse d'Epargne est plus près mais ils savent aussi que tu as été interdit banquaire fut un temps) et de deux parce que ce sont les premiers à te filer un rendez-vous. Bon. Tu l'approvionnes, ton compte et te voilà délestée d'un chèque de 350€. Mais comme t'as pas de thunes, tu demandes toutes dents dehors si tu peux exceptionnellement décaisser directement, tu caresses la tête de ton moutard qui pionce tout ce qu'il sait dans son kangourou comme pour dire c'est pas moi c'est lui. Le caissier, que tu jurerais avoir vu au zapping rubrique les ratés de la Nouvelle Star, parait conciliant.

" - J'vais d'mander à mon chef...

- Faites donc, mon bon, faites donc"

Jusqu'ici vous remarquerez que je suis sympa. Le type se barre l'équivalent d'un épisode de Desperate Housewives, me laissant bien évidement le temps d'avoir envie de l'égorger avec un couteau à beurre. Les gens s'entassent derrière moi, certains toussent grassement et je commence à avoir la trouille qu'un connard refile une merde de microbe à mon fils. Le minet finit par réapparaître:

" - Désolé pour l'attente.

- Oh c'est pas grave, j'ai que ça à foutre

- Ouais... Euh... J'peux pas vous donner d'argent parce que je sais pas si le chèque est pas en bois. (J'me dis merde, qui m'a balancé...?)

- Pardon?

- Ouais euh en fait j'ai appelé la banque de ce chèque mais zont pas pu me répond' rapport à si yavait d'l'argent ou pas sur le compte.

- Ok et vous pensez savoir quand?

- Oh bah j'dirais demain sans faut'.

J'ai gardé mon calme, j'ai dit merci et aurevoir, c'était hier. Mais pas ce matin, ce matin c'était du grand Vieux Félin en rogne, veine qui palpite sur le front, teint façon tomate farcie et postillons de rage. Ca avait pourtant commencé normalement: pas trop de queue et bonjour madame, bonjour madame.

"- Je suis venue hier pour retirer de l'argent sur un chèque que je venais d'encaisser, c'est votre collègue qui s'en est occupé. Il attendait une réponse de la banque concernant l'approvionnement du compte.

La caissière me regarde comme si j'étais un veau en cage.

- Bah oui mais j'peux rien faire moi, si c'est mon collègue qui s'en est occupé... (Le minet qui s'occupait d'une espèce de Mafalda blonde au gichet d'à côté s'étant entre temps cassé je ne sais où) va falloir que vous attendiez qu'il revienne. Vous voulez bien vous poussez que je prenne la personne suivante?

- Non.

- Comment ça non?

- Vous êtes stagiaire? (elle a cinquante ans bien sonnés)

- Nan pourquoi?

- Je ne vois pas ce qui vous empêche de vous occuper de moi, j'ai attendu mon tour, c'est le mien maintenant... donc vous pouvez vous occuper de moi, à moins que vous n'en ayez pas la capacité. (Moi-même, je me déteste quand je suis comme ça)

- C'est-à-dire que je ne suis pas au courant...

- C'est-à-dire que rien du tout, je ne bougerai pas, je n'ai pas à payer les frais de votre incompétence crasse.

Elle ne sait plus quoi faire et prend une pose gênée, les secondes passent sans que le minet ne revienne. Derrière moi, une mère de famille et ses trois enfants en bas âge reniflant me donnent pas penser que je suis une mère horrible qui expose son fils à toutes sortes de microbes. La caissière revient à la charge:

- Madame, je dois prendre la personne derrière vous...

- NON, foutez-moi la paix.

Le minet revient et la caissière souffle de soulagement, elle explique le truc au minet: veut pas se pousser blabla, tu l'as vue hier blabla, tu t'en occupes blabla. Les deux employés se plongent un moment dans la contemplation de l'ordinateur, me demandent mon numéro de compte et se regardent perplexes.

"- Quoi? dis-je

- On a pas eu de réponse de la banque...

- C'est une blague?

- Nan, j'vais devoir les rappeler, dit le minet et ce petit con se recasse. La caissière me fusille du regard et je décide, bon gré mal gré, de me pousser pour laisser place à l'incubateur sus-cité. Les trois mômes commencent à tourner autour du mien avec des yeux de petites fouines perverses. Le plus jeune éternue.

"- Tu recommences ça près de mon fils et je te dézingue, tu sais ce que ça veut dire?

- Nan.

- T'as peur de la mort?

- Ouais c'est quoi?

- C'est quand Maman dit que Papy est parti en voyage, maintenant dégage avant que je t'en colle une.

Je prends ma mine de circonstance visant à avertir que quiconque aurait l'idée saugrenue de me faire chier passerait un sale quart d'heure. Une personne n'a pas dû s'en rendre compte, une vieille peau qui me mate avec une mine circonspecte

"- Z'avez rendez-vous?

- Non, j'attend un employé avec les capacités psychomotrices suffisantes pour faire son boulot, ça fait trois plombes que j'attends votre-collègue-le-Petit-Prince pour sortir de l'argent!!! La première employée intervient:

- Vous vous sentez bien?

- Non pas exactement, vous voyez l'espèce de paquet de linge que je tiens contre moi? C'est un bébé, un tout petit bébé de même pas trois kilos, un bébé qui est fragile, que je ne peux pas sortir longtemps, un bébé qui est plus fragile que les autres face aux microbes. Et je ne sais pas si vous avez vu la marmaille infâme que compte cette file d'attente mais si mon fils chope un truc ça va chier dans l'ventilo, ok????

- Asseyez-vous, vous n'avez pas l'air dans votre assiette...

- Nan mais je rêve! Le monde financier ne vous mérite pas, l'OMS vous attend, vite..! avec un peu de chance vous pourrez tailler une pipe à Kouchner! (Je ne comprends pas qu'on ne m'aie pas déjà sortie par la peau du cul)

La vieille peau enchaîne:

"- Faut le laisser faire ses anticorps, ce petit...

- Et ma main dans ta gueule, connasse, tu la laisses faire?"

Le minet finit par réapparaître: "On a toujours pas de réponse...

- Je veux voir le directeur.

- Mais madame...

- .... !!!

- Je vais l'appeler.

On me fait entrer dans son bureau.

" - Bonjour madame

- Ouais

- On m'a expliqué votre cas, nous ne pouvons pas vous donner d'argent sans savoir si le chèque que vous nous avez confié est approvisionné.

- Mais qu'il est drôle! C'est bien l'humour, ça pardonne beaucoup de choses mais pas la mauvaise haleine. Ni les cravates dont le mauvais goût ne sait que trop bien rendre justice aux petits chefs dans votre genre infoutus d'être humain avec qui ne possède pas le montant nécessaire à vous faire oublier à quel point vous êtes gerbant. (Soyons d'accord, j'ai conscience que ça ne veut pas dire grand chose, mais quand je m'énerve c'est le Verbe dénué de sens)

- Mais euh mais euh m'enfin! Voyons! Euh...

- Je vois qu'on peut sans aucun doute ajouter l'éloquence au palmarès de vos lacunes.

- Mais euh...

- Perséverez, ça va venir...

- Jean- Denis, donnez-lui le montant équivalent au chèque de madame et fermez son compte. Je n'en veux pas parmis mes clients.

- C'est pas trop tôt, merci!

- Sortez de mon bureau, madame et ne revenez plus dans cette agence ou j'appelle les flics!"

Quand je te dis que tout se paie, ça n'a jamais rien à voir avec ce à quoi tu t'attendais. Vous avez vu quel genre d'ignoble créature je peux être et quand je dis que tout se paie, voilà où je veux en venir. Enceinte, au début, j'étais sûre d'avoir une fille, sûre dans le genre de faire à l'aise des paris stupides et compromettants. J'ai donc parié avec Christophe...

"- J'te parie tout ce que tu veux que c'est une fille.

- Chouips, tu sais très bien que quand tu paries c'est que tu as automatiquement tort, t'as pas une once d'intuition

- Tu claques des fesses, hein, c'est ça, hein, c'est ça???

- Tu l'auras voulu, je parie que ce sera un garçon, qu'il naîtra fin mars et qu'il sera roux (Je dois te dire que j'aurais dû avoir ma césarienne le 31 mars mais qu'ils l'ont pas fait vu que j'avais bu du coca Light alors que j'aurais dû être à jeun. Ah! Les addictions!)

- Roux? Ca me ferait bien mal! Ah ah! Quand tu veux! Tu veux parier combien?

- On va dire 300€...

- P'tit joueur, je relance de 50€

- T'es sûre?

- Traumatisée comme je l'étais étant gamine, grosse et moche et sans aucun ami, je peux pas faire un roux. C'est mathématique. Le sort ne s'acharne jamais à ce point-là sur une famille.

- Comme tu veux...

- Tape m'en cinq, ptit sguègue

- Ouais... c'est ça..."

Quand Lazare est né et que je suis sortie de salle de réveil et que j'ai pû enfin découvrir mon fils, j'étais ravie de ses cheveux blonds. Et puis ya eu cet instant, le biberon, le rayon de soleil sur sa petite tête bien faite, le côté gauche de sa tête justement, dans le soleil, poil de carotte.

Quand je te dis que tout se paie, 350€.

par Vieux Félin publié dans : La meilleure facon de marcher
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Mardi 22 avril 2008

Ok... bordel de merde... J'ai dû avoir en tout et pour tout quinze minutes à moi ces vingt et un derniers jours et laissez-moi vous dire quelle leçon j'ai pû en tirer: La maternité tient en un seul et unique mot, un tout ptit mot de rien du tout qui pourtant, la putain d'sa race, résume entièrement cette "formidable aventure dont chacun sortira changé... et grandi..." (dixit aufeminin.comsarace) la maternité. Faites un gosse et un mot, une chouillette de rien de particule du vocabulaire français, une virgule dans l'éventail de notre très chère langue change ta vie de manière abracadabrantesque , bref parlons peu parlons bien... ce mot c'est simplement...

ABNEGATION

Pour les deux-trois connards (désolée, les hormones...) qui savent pas ce que ça veut dire, laissez-moi citer le Larousse: "n.f ( lat. abnegatio, renoncement). Sacrifice de soi au bénéfice d'autrui." En gros, si t'es une habituée du only-my-face-operation, tu peux tout de suite oublier la saveur des jours anciens où t'avais juste à te préoccuper de ta petite gueule, envolé le temps où ton soucis principal était l'absence d'Activ'muche vanille dans le rayon produits laitiers de ton Leclerc de province. Fini. Maintenant, tu peux t'estimer gai si t'arrives à prendre une douche un jour sur deux, pense même pas à lire un bouquin, tu te verrais condamné(e) à lire cent fois la même ligne tant tu peux pas t'empêcher de vérifier si ton fils respire encore. "La boue est faite de nos fleurs, bleues je le sais mais encore?" C'est con hein? Ouais...

Ya pas si longtemps, je me foutais allègrement de la gueule de ceux qui prétendaient mériter une médaille pour avoir élevé un enfant. Vous voyez où je veux en venir... J'me la ramène avec mes vingt et un jour de maman, pauvre bleuette que je suis... N'empêche, ça mérite bien une petite babiole. La preuve, je vous la démontre pronto: (en commandement, ça apprendra à l'Emmerdeuse à fêter Pessah sans moi...)

Commandement numéro un: Ton lait tu tireras

Ok j'vous explique, pour celles qui n'ont pas eu la chance d'accoucher normalement (c'est-à-dire celles qui n'ont pas eu la chance de voir leur périné exploser sous leurs yeux ébahhhhhhis voire simplement pour les mecs) la montée de lait ne se fait pas comme ça. Pas de ça Lisette... Tu te dois d'avoir recours à une machine toute agricole: le tire-lait électrique. Jamais tu ne te sentiras de ta vie plus proche d'une charolaise... Comment t'expliquer? Deux pompes avec embouts conforts-mon-cul-sur-la-commode qu'on appelle pas si pudiquement téterelles... J'te mens pas, la marque c'est Kitett. Donc pour que ça vienne, c'est la méthode qui marche, tu pompes chérie, ya qu'ça d'vrai. Au début t'as deux trois gouttes oranges dégueulasses. C'est le colostrüm. Après c'est toujours vaguement dégueu mais au moins ça ressemble à du laitier. Et ton mec de se foutre de ta gueule: Putain ça pompe tellement fort qu'on dirait des mini-bites tes mamelons ! Oh merde Chouips regarde ces jets! Tu jouis des seins!" Nan, tu résistes à l'envie de lui mettre un aller-retour. Sans compter que souvent... trois semaines après la naissance, t'as comme qui dirait une panne et tu te retrouve bien conne quand tu te rends compte que ton fils ne fout plus la moitié de ce qu'il boit sur son chandail tout propre de même pas deux secondes, tu te vois obligée de courir ventre à terre à la pharma chercher du Guigoz.

Commandement numéro deux: Au sommeil tu renonceras.

Que ceux qui se disent "Mais elle croyait quoi cette conne???" sortent immédiatement. Toutes les trois heures, autant te dire trois minutes, t'es obligée de te coller ton morbac aux nibards et t'as aucun droit de dormir pendant l'opération, nan. Ton petit saura très bien te signifier à sa façon ton manque d'investissement émotionnel. Si tu le regardes pas avec une mine béate, ce connard... il chiale...

Commandement numéro trois: A l'urine tu auras droit, quoique tu fasses

Ok il paraitrait que c'est pas pareil pour les filles mais les garçons, quoi que tu fasses, dès que tu les changent ils te pissent dessus. T'as beau le prévenir avant "Ok Ptit Chouips, Maman a oublié de faire sa god damned lessive et il ne reste que deux body propres alors steuplait, pour moi, retiens ta vessie le temps que je change de Huggies." Rien n'y fait, tu vois son petit truc sursauter et t'as à peu près juste le temps de diriger le jet vers la serviette plutôt que vers ton visage. Je lui dit souvent "Lazare, putain pisse sur Papa de temps en temps, ok?" Tu crois qu"il m'écouterait???

Commandement numéro quatre: Pour Walou tu t'inquièteras.

Vous avez déjà vu un nourrisson dormir les yeux ouverts? T'as l'impression prégnante qu'un oeil dit franchement merde à l'autre. Tu te vois déjà le consoler à l'école primaire, lourd de sa journée filled with quolibets. T'es prête à appeler l'ophtalmo, Afflelou et même la ptite souris. Tu pleures quand ton mec dit "Tu crois qu'il sera plus beau ou intelligent? Moi j'dirais intelligent" Bref, même si on te dit que c'est normal, t'en crois pas un traître mot.

J'pourrais vous en sortir tentre-six, des commandements de ce genre, mais j'ai mon fils qui m'appelle. Tout ça pour vous dire que je la mérite , ma médaille.

Qui croyait que j'allais recevoir une alliance en or blanc certie de quatre diamants? Certainement pas celui qui croyait qu'on rentrait dans la bijouterie juste pour me faire percer les oreilles. Suivez mon regard...

par Vieux Félin publié dans : Sois Conne et Fais un Môme
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Dimanche 13 avril 2008
Bon... ok... j'ai regagné mes pénates. Laissez-moi vous dire que si on me demandait un matin de plus à 07h45 si j'étais plus thé ou café, en me flashant la gueule avec leurs néons de merde tout en hurlant "Ca va ce matin madame??? Elle a bien dormi? Est-ce qu'elle est allée à la selle depuis l'opération? Le pipi, le caca, ça va? Vous voulez plus de garnitures? Des serviettes madame...Comment ça ta gueule???" yaurait eu comme qui dirait un gros meurtre. Bah ouais, pas besoin de voir Fight Club pour faire de la nitroglycérine, une chambre d'hosto mère-enfant suffit amplement. Je ne pensais pas, ou plutôt ne me souvenait plus à quel point un séjour prolongé à l'hôpital peut provoquer comme dommages sur les nerfs, c'était, comme dirait mon mec "Horribillyball". La maternité de Charles Nicolle rassemble malheureusement tout ce que la région compte en cas sociaux, moyenne d'âge 16 ans, moyenne QI 75. J'en ai même vu une qui portait un appareil dentaire et qui s'amusait à nourrir son chien virtuel sur sa nintendo ds, c'est des trucs à plus dormir la nuit. Bon.

Pas l'ombre d'un adversaire potable pour jouer aux sept familles, pas grand chose d'autre à lire que Closer, bref c'était un séjour façon ras des pâquerettes. Mais oui j'me plains, j'ai le droit.

J'me doute bien que c'est pas ça qui vous intéresse bande de ptits sales, commençons par le début. Commençons par la nuit du 31 mars au 1er avril...

On avait beau me prévenir que j'allais passer sur le billard, j'avais pas vraiment imprimé tout ce qu'on allait me faire. Le sage-femme de garde, Frank, a eu beau me répéter six fois comment allait se dérouler l'opération, je continuais de lui poser les mêmes questions "Et sinon? Euh... C'est quand que je peux refumer bordel?". Le pauvre m'a collé un xanax au fond de la gorge avant de partir avec une mine défaite. J'ai tourné en rond cette nuit-là, le xanax n'a pas fait effet, ya pas à dire je claquais des fesses sévère sévère. Et puis le matin est arrivé, amenant avec lui un Christophe neurasthénique, appareil photo d'une main, brumisateur de l'autre. On me recolle un xanax. Bon là, en deux secondes, j'étais complètement faite.

" - Chouips... T'es stone...

- Billevesées Istof, moi très bien, parfaitement normale.

- Reste allongée tu vas te casser la gueule bordel.

- Je vais très bien Maman, tu me passes le beurre?

- Hein?

- Putain c'est beau une ville la nuit...

- Chouips... Il fait jour là, mais restes allongée bordel de merde!

Et puis ils sont arrivés et là, c'était mes dernières minutes de fille-tellement-pas-responsable-que-tu-lui-confies-pas-ton-briquet. Chariot, couloir, ascenseur, salle de naissance. Beaucoup, beaucoup trop de monde dans cette salle de naissance. Ca papote dans l'équipe de chirurgiens, j'ai l'impression tenace d'être un tas de viande bientôt froide. Voilà l'une des choses qu'on m'a répété un nombre de fois incalculable sans que je ne l'entende complètement: la rachianesthésie.

Le truc chouette m'a-t'on dit avec la rachianesthésie, c'est qu'on sent tout...sauf la douleur. Vous avez vu Existenz? Avant le premier avril je me demandais ce que ça pouvait faire quand Jude Law se branchait le pod dans la colonne vertébrale. Grâce à la rachianesthésie, je ne me pose plus cette question, ça fait comme un doigt qui te pousse les vertèbres, j'ai connu sensations plus plaisantes... On m'allonge, on tend un champs opératoire pour m'éviter la vue du massacre, on attend cinq minutes, on me pose une saloperie de sonde urinaire et en voiture Simone. Premier coup de scalpel, j'me dis quoi c'est tout? Petite naïve, c'était juste mon cuir. Un deuxième, un troisième, un quatrième, ça fait très très bizarre à Vieux Félin de sentir qu'on est en train de l'éventrer. Elle se raidit un peu Vieux Félin, elle a du mal à respirer, bref elle flippe sa race Vieux Félin. La sage-femme me colle un masque à oxygène et me propose un peu de musique, volontiers. Je serai infoutue de vous dire ce qu'elle a mit, et ouais, une fois toutes les couches de peau graisse muscle sagement tailladées, faut pousser un peu tout ce bordel pour dégager l'utérus. Tellement violent que je suis littéralement secouée sur la table. Ca c'est le pire, le "On dégage les angles" Je pense à Valérie Lemercier "Qu'est-ce que tu veux faire plus tard? Euh...vider les truites..." Là je demande "Ca va durer longtemps?". La sage-femme à qui je broie consciencieusement la main répond "Il est exactement 10h08, à 10h20 vous serez Maman". La vache... Ils ont attaqué l'utérus attendu que le doux son slurp-slurp-slurp que j'entend c'est le chirurgien qui aspire le liquide amniotique. Et puis j'entend un chat miauler, je cherche du regard, j'appelle : "Boudou? C'est toi pute de chatte?"

NON

C'est un bébé, tout dégueu, vraiment dégueu, qu'on me montre au dessus du champs opératoire. J'ai à peine le temps de le toiser qu'ils l'embarquent.

"Quelle heure est-il?

10h11"

On me recoud et j'ai toujours pas compris que mon fils était né. Il est avec Christophe qui je le saurais plus tard, avait juste eu le temps de descendre fumer une clope avant de remonter et qu'on lui tende son fils. Ca me fait chier de pas avoir vu sa tronche à ce moment-là, mais bon.

J'ai toujours pas vraiment vu mon fils, je suis ouverte sur la table d'opération à me demander comment cette pute de chatte a pu arriver jusqu'ici quand la sage-femme revient avec Lazare (Ouais c'est son VRAI blase, Lazare, ne vous déplaise)

" - Regardez c'est votre petit garçon.

- Putain... Il est tout petit, putain il est tout petit. Il est où le responsable?

- Votre conjoint est àcôté, il est très ému, il m'a dit de vous dire qu'il vous aimait."

Comment voulez-vous que je voie mon fils avec toutes ses saloperies de larmes qui coulent? Ils l'embarquent à nouveau. Je ne le verrai que deux heures plus tard une fois sortie de salle de réveil.

Qui pensait que j'allais fermer enfin ma gueule? Mouarf, pas moi. J'ai saoulé une dizaine de sage-femmes pour qu'une d'entre elles me descende pour fumer une clope. J'ai obtenu gain de cause. Qui pensait que j'allais rester 24h avec une saloperie de sac à pisse? Mouarf, pas moi. Z'ont capitulé vers trois heures et me l'ont enlevée. Qui pensait que j'allais rester en fauteuil roulant comme une putain d'infirme? Certainement pas celles qui ont dû me courir après vers l'ascensceur, suivant ma trace aux gouttes de sang que je laissais sur mon passage ne m'étant pas rendue compte que j'avais partiellement arraché ma perf'. Bref à peine douze heures après, je galopais après les meilleures clopes de toute ma vie.

Et Lazare dans tout ça?

Il est vraiment petit: 1840g, 41cm. Il est vraiment sale avec tous ses bouts de trucs collés sur la face. On dirait un ouistiti. Il est tout chaud, il ressemble à son père. J'me dis que c'est pas ça qui me filait tous ces coups de pieds quand je tapais sur mon clavier. Bah si, la vache.

Mon fils est vraiment extraordinaire. Il s'est débrouillé comme un grand sans qu'on l'aide, pas de couveuse, pas d'assistance respiratoire. Il sent le lait, il est tout petit. Christophe est amoureux de lui...

Le bonheur, c'est simple comme une cuite sur un parking.

Un grand merci à L'Emmerdeuse, Val et Poupon pour leur soutien.

A No, Zeste, Bertrand pour leurs messages.

Une bise molle à Gabi

A tous les autres qui se sont inquiétés, qui sont venus aux nouvelles, merci.

Honey... I'm Home !!!

par Vieux Félin publié dans : Sois Conne et Fais un Môme
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ZêtesCombien???

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